happy days

Posts Tagged ‘woolf

Virginia 

Un loup dans ta tete

 Chiens noirs  dans la mienne

Nos compagnons de desordre

Mental

Nous sommes mentales

Folles et articulees

Observatrices ironiques

Bienveillantes et distantes

O  douleur, tu  ne me quittes  pas

Tu m’ inspires

Londres

Juin

les heures

Une journee dans la vie de Clarissa

Suicide

Une reception

Oh merci d’ etre la !

Comment allez-vous?

Such fun !

Tu m’ aimes ?

Non puisque tu n’ existes pas

Quelle difference alors

Si je ne suis plus la ?

(copyright)

Virginia Woolf a publie en 1928  » Une chambre a soi  » chez Hogarth Press, couverture dessinee par sa soeur Vanessa Bell .

Il s’ agit d’ un essai fonde sur deux conferences de Virginia, une devant « ‘ Arts Society at Newnham « , l’ autre » Odtaa at Girton », en octobre 1928 ,  deux colleges reserves aux femmes au sein de l’ Universite de Cambridge .

Bien que Vanessa Bell ait ecrit  »  Il est a mettre au credit  de Virginia que le titre de son ouvrage soit au genre neutre . Cela exprime l’ importance d’ un endroit paisible et propice pour  la creation . C’ est important pour tout artiste, qu’ il soit homme ou femme  » , il s’ agit d’ un pamphlet qui traite essentiellement de la difficulte pour les femmes, du fait de la societe , d’  exprimer leur art au meme titre que les hommes .

Dans le  film  » The Hours « , qui se passe au debut des annees vingt, on voit Virginia qui ecrit  » mrs Dalloway  » dans un salon, assise inconfortablement avec une sorte de carton a dessins sur les genoux, pour tout ecritoire, et autour d’ elle, au sol, trainent les feuillets epars de sa production .

Elle est constamment sollicitee par la bonne, ou par son mari qui viennent la deranger alors qu ‘ elle est en pleine reflexion creatrice , et cela contribue a nourrir sa depression .

Woolf  partage cette preoccupation avec son amie Vita Sackville-West qui en traite sous une forme romanesque dans  » Toute  Passion Abolie »  ( All Passion Spent )  1931 . Lady Slane, son heroine,  s’ emancipera par le veuvage a 88 ans, en recevant sa part d’ heritage et en choisissant sa nouvelle  maison, ainsi elle aura les moyens materiels et psychologiques de  rehabiter ses reves et ses aspirations de jeune fille,  pourra tourner le dos a la Societe qui tout au long de sa vie de femme mariee l ‘ aura  consideree comme sotte ou inculte parce qu’ elle ne prenait pas part aux conversations qui l’ ennuyaient et s’ eloigner de ses propres enfants ( tous sexagenaires)   qui ne  l’ auront jamais comprise, la prenant au mieux pour une enfant que leur pere protegeait . Ils pourront la visiter, mais sur rendez-vous .

 » Une Chambre a Soi  » se presente comme un livre d’ une centaine de pages .

Virginia Woolf doit faire une adresse aux membres feminines de deux colleges de Cambridge . Elle doit parler sur les femmes et la fiction en litterature .

Virginia va s’ asseoir au bord d’ une riviere pour reflechir : il peut s’ agir  simplement de rendre hommage a quelques ecrivaines fameuses, Austen, les soeurs Brontes, George Eliot, mais peut-etre pas seulement loin de la, cela peut etre ce qui se cache derriere leurs oeuvres, ou bien encore les fictions ecrites sur ces femmes . En fait, Woolf ne peut delivrer, nous dit-elle,  ce que toute audience est en droit d’ attendre d’ un orateur, une precieuse pepite a ranger dans ses feuilles de notes et a mettre en evidence sur le manteau de la cheminee  pour toujours , une verite parfaite de conferencier .

 On l’ aura compris, Virginia a deja choisi le chemin escarpe qu’ elle entend bien nous faire suivre en sa compagnie , ce qu’ elle appelle malicieusement un point d’ importance mineur, c’ est a dire, l’ organisation patriarcale de la societe n’ a jamais donne aux femmes les moyens d’ ecrire .

Elle resume sa pensee dans cette phrase provocatrice et prosaique  :  une femme doit avoir de l’ argent et une chambre a elle, si elle veut ecrire .

L’ argent represente l’ independance materielle et la chambre, que l’ on peut fermer au verrou, l’ independance intellectuelle .

On a parfois tendance a ne voir Virginia que sous les traits d’ une femme depressive, triste, ses portraits nous y encouragent . Or, heureuse surprise, pour nous faire partager son point de vue ici, elle adopte un ton ironique, moqueur, elle a de l’ allant, elle sait de quoi elle parle . Elle reussit meme a nous amuser en utilisant le subterfuge d’ une Mary Seton *, son double de demonstration, qui herite d’ une tante Mary Beton, et s’ offre le luxe certainement delicieux de faire une critique litteraire accomplie de l’ ouvrage fictif de Mary Carmichael, son autre elle-meme en litterature imaginaire .

Mary Seton, sorte de  » l’ inspecteur mene l’ enquete  » , conduit la reflexion sur la place des femmes, comment elles sont percues par les messieurs a travers la litterature ou les reflexions a l’ emporte-piece d’ importants personnages . Elle arpente les etendues gazonnees d’ Oxbridge, Universite imaginaire, nee de la contraction d’ Oxford et Cambridge, tout en reflechissant , et ne voila-t’ il pas qu’ elle est chassee par un appariteur, le gazon est interdit aux femmes !, Elle va a la merveilleuse bibliotheque, em marchant, bien obligee, sur les graviers . Et ne voila-t’ il pas qu’ elle est interdite d’ entree, les femmes ne peuvent se presenter qu’ accompagnees par un homme et avec une lettre d’ introduction .

Elle va donc a la bibliotheque du British Museum, a la lisiere du quartier de Bloomsbury, precise-t’ elle , un clin d’ oeil,  et constate que si une femme peut consulter des documents, elle ne pourra jamais le faire avec l’ efficacite d’ un homme qui lui, serait alle a  l’ Universite et aurait appris a apprendre !

Jamais en manque d’ imagination, L’ auteur ira jusqu’ a convoquer Judith Shakespeare, la non existante soeur de William, autrement plus douee que lui et qui ne pourra jamais faire fleurir son talent .

En conclusion a sa conference, Virginia exhortera son auditoire feminin a gagner sa vie et donc son independance, mais aussi a etudier et a ne jamais cesser d’ ecrire .

Quoi de plus efficace que les traits d’ esprit quand l’ on veut convaincre,  et si les arguments sont forts ?

Voila donc un livre habile, qui vaut encore d’ etre lu, tant du point de vue litteraire que social et osons l’ ecrire, historique . En effet, on mesure tout en le parcourant avec plaisir, a quel point la societe a evolue depuis 1928 et cela fait du bien de le constater .

Cette oeuvre est aussi editee dans la collection 10/18, la traduction est de Clara Malraux .

*Mary Seton : faut-il voir un clin d’ oeil de Virginia au lecteur dans le choix de ce nom ? En effet, Sally Seton est le nom de la femme pour laquelle Clarissa Dalloway a eprouve une vive attraction, dans le roman  » mrs Dalloway « , publie en 1925 .

Étiquettes : , , ,

juin 2017
L M M J V S D
« Jan    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

miscellaneous

Archives

Commentaires récents

Darie sur Haïku jaune
papy yabalou sur Haïku jaune
Darie sur Haïku jaune
papy yabalou sur Haïku jaune
papy yabalou sur Haïku jaune
juin 2017
L M M J V S D
« Jan    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Blog Stats

  • 130,168 hits
%d blogueurs aiment cette page :