happy days

Un 11 novembre

Posted on: 11 novembre 2017

(Copyright)

Il bruinera toute la journée
Sur les tombes du cimetière
Militaire
d’ à côté

Tous en rang
Les restes éparpillés
retrouvés
Des jeunes gens mortifiés

Le temps est maussade

Alignements rassurants
D’ une armée immobile
En mouvement

Sur les stèles aucun portrait
Jamais
Ce ne sont pas des soldats inconnus
Mais ils seront
À jamais
Méconnus

Un grand champ
Vert et blanc
Égayé une fois l’ an
Par des coquelicots de papier
Des bleuets
Au pied des croix posés

Un chagrin infini
Peut-être par désespoir
Ce cimetière juvénile
N’ éveille nul élan romantique
Cela serait dérisoire

Pas de mots malhabiles
Sous enveloppe plastique
Aucune peluche
Ni bougie
La douleur en ces lieux
Se passe de colifichets
Symboliques

Maintenant il pleut

Avec précaution
Est-ce irrespectueux
Je marche sur le gazon
Gênée de piétiner
La terre qui pèse
Sur les cercueils
Enfouis

Je crois dans les dates
Et les rituels
Ils donnent du courage

La mémoire a besoin d’ ancrage
Et si elle ne peut empêcher
L’ histoire de recommencer
Nous n’oublions pas
Ainsi
Pourquoi et pour qui
Nous combattons
Aussi

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19 Réponses to "Un 11 novembre"

Bonjour Dominique, votre poème est très complet .
La jeunesse des soldats qui reposent dans ces immenses cimetières. Contraints aussi d´aller se battre. Des situations terribles qui dépassent
l´entendement . J´aime bien faire des comparaisons , les humains et la Nature, et cela me fait penser à un immense champ de blé saccagé !
Il montre aussi la prise de conscience la folie des hommes.
Et pourtant, et vous le savez mieux que quiconque, elle a recommencé , d´une autre façon, mais réelle folie aussi …

Bonjour Darie, et cette année j’ introduis dans mon poème du 11 novembre les réactions aux attaques terroristes.
Les gens, probablement, crevaient tout autant de trouille il y a un siècle mais ils étaient plus durs, peut-être parce que la vie était dure.

J´ai vu cela Dominique, mais me sentais un peu …gauche ?… pour le dire. Vous dîtes si bien ce que vous ressentez, que je me suis sentie tout à coup à court de mots . Bises.

Vous êtes une gentille personne, Darie.
Bises

Merci Dominique , c´est vrai ; j´admire cette façon d´exprimer les choses, que ce soit en mots , en peinture aussi. Et il faut de l´humilité aussi de se soumettre à un « public » , à la critique .
Je pensais justement à ma grande fille ainée, qui est vraiment la gentillesse même. Et elle est entourée de personnes bienveillantes,
qu´elle a comme attirées à elle ! Ce sont des échanges continuels
qu´elle me raconte, car elle sait que cela me plaît et me rassure.
C´est la vraie Vie ! Bonne soirée à vous.

Darie, à vous connaître (un peu) et votre gouvernement, je ne peux que penser que vos enfants sont beaux et bons, même si, comme tous, ils vous font parfois tourner chèvre. -:)))
Et oui, c’ est la vraie vie !
Bonne nuit.

Il se trouve que je n’ai jamais parcouru de cimetières de mots de la guerre de 14-18; ce sont les mêmes que ceux de la seconde guerre mondiale; j’ai longuement parcouru le cimetière américain de Saint-James où reposent 4 410 soldats américains; oui, quelle émotion à découvrir leur nom, leur âge, leur religion, selon la croix ou l’étoile de David; un mur porte le nom des 498 soldats dont les corps n’ont pas été retrouvés…
C’est très silencieux, impressionnant.
Une « Carte Postale » de Guillaume Apollinaire à propos de cette 1ère guerre-boucherie:
« Je t’écris de dessous la tente
Tandis que meurt ce jour d’été
Où floraison éblouissante
Dans le ciel à peine bleuté
Une canonnade éclatante
Se fane avant d’avoir été »

Bonjour mareria, le cimetiere militaire d’ Etaples dans le Pas-de-Calais, en bordure de Canche compte plus de 11 000 morts, environ trois fois la population de la ville du Touquet qui lui fait face de l’ autre côté de
l’ embouchure.
Essentiellement des soldats du Commonwealth, beaucoup fauchés en 1917, il y a 100 ans.

Lady Do_Dickens . Votre texte sur le 11 Novembre est tout simplement magnifique . Ce texte émouvant devrait être lu lors de ces cérémonies du souvenir . J’ai 2 arrières grand-pères & 2 arrières grand oncles qui sont tombés sur le front en 14-18 . Bien à vous .

Hello Gilles, c’ est adorable de prendre la peine d’ écrire, cela m’ encourage parce que je ne sais pas juger de la qualité de mon oeuvre.
C’ est particulièrement émouvant, voire déchirant d’ apprendre l’ hécatombe qui a concerné votre propre famille.
Tout cela peut sembler loin, un siècle et donc une éternité (je fais du Joe Dassin ) mais ces hommes morts au front , beaucoup en 1917, nous semblent au fond très proches de nous.
Amitiés.

Le 13 novembre restera aussi dans les mémoires, et d´autres tristes dates… « L`Invité » sur TV5monde était Caroline Langlade ; elle présentait son livre, dans lequel elle raconte « sa » soirée au Bataclan.
Aucun détail n´est oublié, chaque minute est inscrite pour toujours dans sa mémoire. C´est cela qui doit être difficile : pouvoir chasser les images terribles, surtout la nuit.
En fait, c´est un drame collectif, et comme je disais sur le journal, ce sont les autres, absents des drames, qui doivent entendre les personnes touchées. Même si celles-ci ressassent sans arrêt les mauvais souvenirs, c´est nécessaire de parler, et un jour, cela va mieux. Cela prend plus ou moins de temps…

Bonjour Darie, je ne sais pas ce qu’ont vécu les victimes du Bataclan et des alentours, ce fut une nuit de cauchemar, de terreur, savamment orchestrée et préparée comme on le sait maintenant. Je ne peux que parler des séquelles que laissent les bombardements, les maisons effondrées et des camarades en dessous, je ne peux que me souvenir de ces heures dans les caves, en attendant la fin de l’alerte, et souvent c’était pour y redescendre aussitôt. Je ne peux que me souvenir des explosions à deux pas et du ciel rouge sang et du bruit des bottes sur le macadam, tout cela est dans une petite boîte de ma mémoire mais je rejoins Dominique quand elle dit que cette génération n’est pas forte, elle cède à la sensiblerie et surtout à l’hystérie collective qui arrange beaucoup nos gouvernants, les dispensant ainsi d’actions efficaces pour protéger nos populations.
Les vrais victimes ont perdu la vie, d’autres sont handicapées à vie alors, oui, c’est à ceux là que je pense parce que de ceci, on ne se remet pas, même avec un soutien psychologique.
Comme certains internautes je me pose cette question, va-t-on en faire un film, une série télévisée et pourquoi pas un opéra sauvage. Il y a là une très forte récupération politique malheureusement.

Monique, je suis extrêmement virulente contre ces barbares du 13 novembre , tout au moins contre celui qui reste, car il les connaissait et savait ce qui se tramait. Cette bande a été d´une sauvagerie terrible. J´ai lu les pages du rapport officiel de monsieur Fennec. C´est très long , mais un internaute avait donné les 2-3 pages concernant les exactions sur les victimes ( au-delà de la page 350, il me semble). C´était terrible. De vrais dingues .
Des décisions très fermes devraient être prises. Deux viennent de rentrer en France , pris , mais les autres ?…
Un spectacle ne serait vraiment pas approprié , à mon avis. Mais des livres de témoignages de résilience , pour les traumatisés, les blessés , c´est un exutoire pour eux . Et si les droits d´auteur vont dans un fond d´entre´aide, c´est beaucoup mieux .

Ce 11 novembre, je n’ai rien écrit ici mais j’ai pensé à ces jeunes vies foudroyées, j’ai visité beaucoup de cimetières, que ce soit de la Grande Guerre ou de la Seconde guerre mondiale, je me suis recueillie sur eux, sans souhait d’identification, des français, des alliés, des ennemis, tous sont morts parce qu’ils avaient une notion de la liberté, du devoir et de la patrie.
La liberté, nos jeunes l’ont facilement mais ils ne savent pas (et c’est tant mieux) ce que l’on vit quand on en est privé… quant à la patrie, ça fait sourire, c’était bon pour les grands-pères ou arrières grands-pères.
Pourtant nous avons leurs médailles, leur faits d’armes, parfois même ils sont revenus avec « leur arme de guerre » souvent prolongée d’une baïonnette et si on imagine comment elle a servi, le courage qu’il fallait quand ils en arrivaient aux corps à corps !!
Mon grand père a souvent parlé de son « temps de guerre », il est revenu gazé mais joyeux d’avoir contribué à notre liberté à nous. Il a dit que parfois, en face de lui, il avait un ennemi, ils se regardaient dans les yeux et ils auraient pu, en d’autres temps, partager le pain et le vin et comme la question était : « c’est lui ou moi », alors ils oubliaient ce moment fugace d’humanité ou deux vies sont sacrées et que quelque part ils sont attendus.

Dominique, bravo pour ce poème, sobre et dépouillé comme les lieux où ils sont tombés, la boue, les tranchées, de ces mornes plaines a dit le poète.

J’aime cette évocation de notre époque de bisounours, de candeur, et d’ignorance, les bougies, les cœurs, les peluches, voilà ce qui est le reflet de notre force d’aujourd’hui. Serions-nous devenus un bataillon sans force, sans principe, sans honneur ? je me le demande !

Il y a longtemps que je n’étais pas venue ici et je suis heureuse, Dominique, que vous ayiez rouvert la page. Bises.

Bonsoir Monique, merci pour vos amicales paroles et votre présence qui honore ce lieu.

Cela viendra peut-être en son temps, j’ en doute, mais je ne veux pas mêler dans un même souvenir, les soldats français et alliés de la WWII et les soldats allemands.
Cette guerre a une spécificité, en plus de la grandiosité envahisseuse de Hitler, maudit soit-il, elle était aussi spécifiquement génocidaire et je n’ oublie pas.
Bise
« J’ honore et je n’ oublie pas »

Bonjour chère Dominique, je comprends votre pensée, je connais le génocide commis contre le peuple juif, sa dispersion, mais le plus grave c’est qu’aujourd’hui encore les juifs sont attaqués autrement, avec une politique qui ne fait rien et qui accepte cela, c’est donc avec l’accord de nos élites que l’antisémitisme est toujours présent chez nous. Je m’abstiendrai de creuser plus avant, mais là aussi c’est encore une forme de persécution.
Evidemment on ne peut pas comparer ces deux guerres même si c’était le même pays ennemi, les nazis ne reposent dans nos cimetières de France, ils sont au Paraguay ou en Argentine, au Chili et ils ont coulé une vie longue et tranquille après cette barbarie.
Moi non plus, je ne pardonne pas, je ne peux pas et le jugement des hommes ne sera jamais assez dur, qu’ils grillent dans la géhenne, en espérant qu’elle existe pour eux.
Oui, on peut honorer ces gosses allemands de 16 ans dans leurs uniformes trop grands comme des panoplies taille unique, ils reposent en nombre mais le pardon n’est pas dans mes possibilités et puisque je suis croyante, je dis que c’est l’affaire de Dieu…. c’est d’ailleurs ce qu’a fait Ponce Pilate hélas !

Darie, je suis pour le rétablissement de la peine de mort dans ces cas précis. La vengeance pour la vengeance, ce n’est pas mon optique mais la vengeance pour la justice, oui, qu’elle soit faite, or elle ne l’est pas.!
Je ne suis pas certaine qu’ils soient « dingues » mais je dirais embrigadés, soumis et aveugles et les aveugles sont terrifiants.
Il est dommage que les policiers, les militaires ne les aient pas exécutés.et nous n’en tirerons rien, je lis que leur procès peut attendre des années.
Je crois que les victimes se sont rassemblées en association, elles attendent aussi une justice de la part de l’Etat, c’est lui qui doit en répondre et comme o n le lit souvent, nous espérons tous un Nuremberg bis.

Un beau texte oublié écrit lors de la Grande Guerre :

« Émile Verhaeren
Les Ailes rouges de la guerre
Mercure de France, 1916 (16e éd.)

« PREMIERS AÉROPLANES

Les roses de l’été — couleur, parfum et miel —
Peuplent l’air diaphane ;
Mais la guerre parsème effrayamment le ciel
De grands aéroplanes.

Ils s’envolent si haut qu’on ne les entend pas
Vrombir dans la lumière
Et que l’ombre qu’ils allongent de haut en bas
S’arrête avant la terre.

L’aile courbe et rigide et le châssis tendu,
Ils vont, passent et rôdent,
Et promènent partout le danger suspendu
De leur brusque maraude.

Ceux des villes les regardant virer et fuir
Ne distinguent pas même
Sur leur avant d’acier ou sur leur flanc de cuir
Leur marque ou leur emblème.

On crie, — et nul ne sait quelle âme habite en eux,
Ni vers quel but de guerre
Leur vol tout à la fois sinistre et lumineux
Dirige son mystère.

Ils s’éloignent soudain dans la pleine clarté,
Dieu sait par quelle voie,
En emportant l’affre et la peur de la cité
Pour butin et pour proie. »

Chère l’ amie Monique, merci pour ce texte magnifique.
Bise

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