happy days

La buveuse

Posted on: 11 juin 2016

A travers mon verre

De rosé

Je vois la vie en rose
.

Il est quelle heure

Albert Schweitzer

Au gousset

D’ or du docteur

Suisse
.

Minuit est sombre

Et je suis noire

Je vois une ombre

Dans le miroir
.

Sus 

Au bourdon

Du carillon

Et de mes bleus à l’ âme
.

A mon grand dam

Le verre est vide

A travers lui

Je vois la vie

Et pour de vrai

Ce n’ est pas gai

Tout ce vide
.

Encore une tournée

Pour réinventer

L’ éventail des couleurs

Du teintier
.

Quand je suis grise

Je vois tout rose

Et alors ivre

J’ ose

Tenter le bonheur

De vivre

(Copyright)
image(La buveuse, Pieter de Hooch)

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16 Réponses to "La buveuse"

C’est un sujet terrible, Dominique. Mais vous arrivez à nous faire voir « l’éventail des couleurs » dans ce poème, si l’on joue sur le mot verre…
C’est une ivresse qui semble légère, peut-être; pour moi, le rythme des vers, tous très courts, et qui s’enchaînent sans la pause de la ponctuation évoque celui des verres qu’on boit sans pouvoir s’arrêter.
Et la jeune femme de Pieter de Hooch semble abattue par l’alcool; ses traits, un peu bouffis, son air si triste expriment un désespoir que l’ivresse n’apaisera même pas.

Mareria, un mal être , un mal de vivre si pénible que l’ on cherche à en atténuer la douleur par des moyens pires que le mal.
Et puis il est étrange de voir associer les couleurs à ces états de l’ âme.
On est noir quand on a trop bu, on broie du noir, on est grisé, on a le blues, on voit la vie en rose quand on se sent mieux, et on a une crise de vide existentiel quand le verre est vide, alors vite il faut le remplir pour ne pas se laisser envahir par le désespoir.

Et à propos des couleurs, curieusement, en allemand, « ich bin blau » donc bleu, signifie  » je suis ivre »…Les bleus à l’âme.

C’ est très intéressant et donc différent de L’ anglais où le blues n’ est pas associé
à l’ alcool.

Bonsoir Dominique , c´est un sujet qui montre , par une lumière crue , la tristesse et le désespoir .
J´ai d´abord appris un terme que j´acais cru sur le moment inventé par vous ! le teintier . C´est le panel de tons des dents , pour ne pas mettre une dent étincelante à côté des autres , parfois plus foncées par le tabac , ou aussi l´eau des puits . J´ai appris cela ici , alors que je demandais si l´eau de mon puits était potable . Oui , mais elle noircit les dents .
Vous avez balancé entre les états d´âme de  »La buveuse » , et le verre à remplir , comme si la solution était au fond du verre .
C´est même la métaphore idéale : on le vide pour trouver au fond une aide hypothétique . En fait , c´est la lie , et les problèmes empirent …

C’ est très fin Darie, au fond du verre vide, la lie.

Et puis ensuite , c´est la gueule de bois , et alors cela doit être la galère de plusieurs heures …
C´est mieux d´avoir le vin gai que le vin triste , mais tout dépend de
la quantité sans doute et aussi de la qualité …
Je crois que les anglais disent  »mad wine » , pour le  »vin triste » , don´t they ? Vin fou … un surnom pour Ir-wine :))

Ah Darie, c’ est un festival d’ esprit !!!
Je vais le dire à Iiiiivin qui est toujours gai comme un italien qui aurait bu trop de vin…

Ah oui! un festival d’esprit-de-vin!

Bonjour Dominique, Mareria, Darie,

J’ai lu ce texte plusieurs fois, mais je ne trouve rien à dire de spécial, je ne connais pas la question et je vous dirai dans ce simple commentaire que j’ai une peur bleue des alcooliques (et des fous).
De nombreux poètes, comme Baudelaire, ont chanté le vin, l’absinthe entre autres, c’est une évidence, osons le dire, le vin, l’alcool, à petites doses, donne une assurance que l’on n’a pas et puis vient la dépendance et l’ivresse, jusqu’à l’ivrognerie, il y a des paliers…. voilà pour le côté technique.
Vin gai, vin triste, je ne sais pas mais il y a l’abrutissement du cerveau de celui qui en est au dernier stade !
Je trouve le tableau de La buveuse très gentil, entre grise et ivre, c’est tout un art.
Je crois aussi que l’abrutissement dans le vin apporte l’oubli momentané, une sorte d’anesthésie de la douleur, mais c’est si éphémère.

Dominique j’aime beaucoup votre dernier vers « oser tenter le bonheur de vivre » c’est une triple difficulté.

C’est idiot mais je me suis aperçue il y a quelques jours que la couleur du vin s’appréciait mieux dans des verres blancs, il y a tant de nuances (pour reprendre ce petit rosé) entre le gris des sables, le rosé légèrement ambré et le rosé plus soutenu, certains d’ailleurs sont limite rouge, comme un vin rouge coupé d’eau mais il ne coupe pas le chagrin. Jusqu’ici je trouvais mes verres verts façon Rhin très romantiques et puis la maladresse a voulu qu’ils partent à la casse un par un, j’ai donc acheté des verres à vin de couleur blanc et le plaisir des yeux n’est pas le même…c’est peut être une idée farfelue mais quand même.
Le vin est une compagnie, autant être franc, il comble une solitude pour celui qui la fuit parce qu’il n’a pas compris que la solitude sera toujours devant lui. Il console et il est bien le seul…. ensuite c’est une histoire entre lui et vous, une mauvaise histoire derrière le rire et l’ivresse…. mais je fais la différence entre être grise ou être soule mais je ne connais aucun des deux états.
Je crois que j’aurais fait un excellent œnologue !

le passé , les souvenirs sentent la naphtaline , il revient a coup d’aspirine sous ses plus belles vitrines , quand ma mémoire chine et se déchire , se perd ma nostalgie au instant magique , pour faire couler mes yeux innocents d’une pesante larme , je bois, je bois, et j’imbibe ma carcasse pour avoir les joies de vieilleries d’un vieux , je bois tout ce qui coule au fond de ma gorge , je bois tout ce qui est fort alcoolisé et qui mène au trépas , je me demande ce qui me reste d’avant , de ma vie perdue dans le temps , noyé dans l’alcool mon avenir s’éloigne et je vois mon passé en vin , mes émotions s’avinent et je m’enivre , le soir sous la lune je regarde le ciel et je dit mot , une étoile qui sait brille tout la haut avec ma prime jeunesse , je ne divague pas je ne ma ratatine pas , je reste debout au pied de mon lit , je lève une main au ciel et me dit …..que le temps emporte en conscience ces travers …..

de Klaus Müller..c’est dur de faire un texte sur l’alcool pour une personne qui ne bit jamais d’eau ……

Mais cher Klaus, c’ est encore plus difficile de faire un texte sur l’ eau pour une personne qui ne boit que de l’ alcool, c’ est une fiction, un rôle de composition ! ^^

Papy les souvenirs heureux se « trinquent » et ce n’est pas avec de l’eau bien sûr et les moments malheureux s’endorment avec une larme… d’élixir, l’eau c’est pour les manœuvres dans le désert, une marche dans les dunes avec le barda … quand on vieillit, papy, il n’y a plus que des interdits, des recommandations, les hommes en blanc ne sont pas des œnologues bien qu’entre eux ils doivent visiter bien des chateaux, pourquoi nos derniers à nous seraient ils en Espagne ? la vie de chateau, c’est pas l’étiquette, mais la couleur qui réjouit les yeux et le palais, un moment chaleureux, et si on a un copain sous la main pour partager c’est encore mieux.
Faire un texte sur l’alcool, c’est une peinture avec un doigt de goût et d’arôme…. quand je lis Omar Khayyam, je suis en joie car le vin rend joyeux, pas besoin de rouler sous la table pour apprécier…. et puis le vin sont les vignes du seigneur, avoue que pour un athée tu l’apprécies !! je bois très peu mais un petit verre rend l’instant heureux car il faut savourer !

J’aime beaucoup ce poème de Charles Baudelaire :

L’âme du vin

Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles :
 » Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité !

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l’âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j’éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d’un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l’espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;

J’allumerai les yeux de ta femme ravie ;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L’huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l’éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! « 

Chère l’ amie, on s’ incline devant le talent.

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