happy days

Le vent de novembre

Posted on: 19 novembre 2015

image(Frits Thaulow le jardin du Luxembourg à Paris)

Et le vent violent de novembre

Des branches sombres et sèches

Détache les dernières feuilles

Les soulève des trottoirs

De la ville

Grille noire et dorée

Du jardin public

Elles fouettent les mollets

Maculent les statues

Médicis ou Hermès

Reine hautaine

Messager ailé

Qui s’ en soucie

Collent sur la pierre

De même

Érodée

S’ amassent dans le bassin

Vidé

Les bateaux l’ ont quitté

Jardiniers les entassent

Les enfants y viennent jouer

Piétiner les feuilles séchées

Le gardien ne voit rien

Pigeons volent

Le kiosque est fermé

Soleil plat

Couleur sable

Il ne brille pas

Le gazon ras

Est rayé

Des ombres portées

Année après année

La ronde de novembre

Le dernier coup de balai

Et voilà le jeune hiver

Place nette

Le froid pince et coupe

Une chaise de métal

Peinte en vert

Isolée

Prend racine

Oubliée

On ne l’ a pas remisée

Dans l’ orangerie

Les arbres alignés

Repos !

(Copyright)

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10 Réponses to "Le vent de novembre"

Vous décrivez bien , Dominique , l´ambiance des jardins publics en automne . Un dernier sursaut d´animation avant l´hibernation . C´est un peu triste apparemment , mais ce qui fait le bonheur de ces balades ,
c´est d´entrer ensuite au chaud dans un troquet animé . Le contraste est saisissant . Mais les moineaux sont toujours dans les allées , et ils comptent sur les miettes des promeneuses . Il faut donc continuer à arpenter les parcs . Je dis  » promeneuses  » , car c´est toujours les femmes qui pensent aux pigeons et aux moineaux ! sourire .
Vivement le printemps ! Mais d´abord , l´hiver …

C’ est vrai Darie que les troquets, salons de thé ou bien cafétéria des musées sont pleins de charme par une fraîche et venteuse journée de novembre.
Ici, il s’ agit du voyage des feuilles, de l’arbre à le grille du jardin puis contre la pierre des statues et dans le bassin.
Enfin, réunies en un tas que les enfants malmènent en riant, et puis compost.
Et tout devient net, froid sans fantaisie,
l’ hiver est là , repos général de la nature.

Bonjour Dominique et Darie,

C’est le moment de l’année où les parcs et squares sont désertés, il n’y a plus de rires d’enfants ni de vieux ressassant leurs souvenirs sur le banc, entourés de pigeons. J’aime le bruit des feuilles mortes comme j’aimais marcher dedans quand j’étais gamine et j’entends encore la voix de ma gd-mère qui me disait : « ne traîne pas tes pieds, tu uses tes semelles… » Je me souviens d’un kiosque à musique, comme c’était pittoresque et quelquefois on écoutait une musique de trombones, de cuivres assez lourde… il y avait aussi le manège avec ses chevaux de bois que l’on bâchait en fin de saison.
Dominique merci pour cette balade automnale et pré-hivernale, on attend le marchand de marrons, il criait « chaud les marrons, chaud » ça réchauffait les mains avec les moufles.
Oui, le troquet, le salon de thé même si les arbres sont nus, il faut prolonger cet automne qui fut indien. L’hiver est toujours long, mais je me dis que dans six ou sept semaines on gagnera plus une minute de soleil. Ce sera le début du renouveau souterrain qui se prépare en silence et nous offrira son éblouissement.

Chère l’ amie Monique, quelle que soit la saison et le temps, on nous faisait débarrasser le plancher du dimanche matin en nous expédiant au Jardin des Plantes.
On s’ ennuyait, c’ était long, il n’ y avait personne et les chaises métalliques faisaient froid au postérieur.
On traînait nos pieds dans la poussière, on lançait mal le ballon et on se disputait.
Et on attendait midi parce que défense de rentrer avant midi et on rapportait le pain.
Plus tard, ce fut le jardin du Luxembourg, le bus qu’ on pouvait prendre seule et le paquet de cacahuètes avec l’ argent de poche.
Et au retour, on descendait une station avant pour aller embrasser notre arrière grand-mère qui habitait dans une petite rue sur le chemin.
C’ était le jeudi après-midi puis le mercredi.
Le jardin public était ma maison de campagne.

Dominique, une maison de campagne dans les jardins du Luxembourg mais c’est un rêve d’enfant ! le bus, il avait une plate forme à l’arrière, un plancher en bois à petites lattes et on tirait sur la chaînette pour demander l’arrêt…. on donnait un ticket en forme de pion de nain jaune, le conducteur le mettait dans sa machine pour composter…. mais qui a connu cela ?
Les chaises métalliques étaient hygiéniques car les puces ne pouvaient pas stagner entre les espacements, pas plus que les miettes. L’argent de poche devait couvrir les frais du ticket et parfois une petite glace avec une seule boule.

C’ est exactement ça Monique.
Mais les tickets de bus étaient en fait une sorte de petit carnet jaune pâle dont on détachait le nombre de petits tickets selon la longueur du trajet.
Pour le Luxembourg, c’ était 2 !
Et quand on ne savait, on tendait le carnet au contrôleur, on lui disait la destination et il prélevait ce qu’ il fallait ( jusqu’ à 6).
Il avait sa machine sur le ventre et tournait la manivelle pour composter.
Et j’ adorais être en plate-forme, c’ était un peu haut, il fallait sauter pour descendre.
La boule de glace était une fête et quand
j’ achetais un petit paquet de cacahuètes,
c’ était beaucoup pour en filer aux pigeons et les regarder se mandaler.

Dominique, à croire que nous sommes montées dans le même autobus. Oui je me souviens de la machine sur le ventre du chauffeur, par moment j’aurais bien aimé lui demander de me prêter la manivelle, j’aimais beaucoup ce bruit de criquet. De la plate forme, on regardait le paysage, il n’y avait pas beaucoup de voitures. Avec deux copines, quand on était fauchées, nous allions à pied mais au pas de course pour économiser les tickets, on achetait une glace, on mordait à tour de rôle dans une gaufre.. nous allions au bois de Vincennes qui était touffu à l’époque, on connaissait la seule fontaine et on sautait par dessus les petits ruisseaux qui grouillaient de sangsues… Ah, ces jeudis merveilleux !

Ah oui, le bruit était sensationnel !

Dominique, que c’est loin tout cela mais pour un dernier au revoir aux enfants que nous fumes :

Alain Debroise (1911-1999), est auteur de poésies et de comptines.

Villanelle

Une feuille d’or,
une feuille rousse,
un frisson de mousse,
sous le vent du nord.

Quatre feuilles rousses,
quatre feuilles d’or,
le soleil s’endort
dans la brume douce.

Mille feuilles rousses,
que le vent retrousse.
Mille feuilles d’or
sous mes arbres morts.

(extrait de « Deux sous d’oubliettes »)

Merci pour votre joli poème et bises.

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