happy days

Bonjour les petits enfants

Posted on: 1 novembre 2014

Bernard Buffet Les clowns musiciens

Bernard Buffet Les clowns musiciens

Bonjour les petits enfants
Ombres grises
Ou billes de clown
Nous dissimulons nos âmes
Aux passants de nos vies

Bâtonnets de fard
Tubes de couleurs
Phares de nos humeurs
Brosses et pinceaux
Moustaches et chapeaux
Foulards et oripeaux
Jamais nous ne sortons
Dans les rues
Le cœur nu

Emotions amplifiées
Sourire jusqu’ aux oreilles
Ou larmes dessinées
Sous les cils maquillés
Sentiments cèlés
Dissimulés
Sous un miroir sans tain
Mascarade
Sérénade
Dérobade
Spectacle sans fin

Qui sommes-nous
Au regard des autres
Nous-mêmes
L’ ignorons
Qui jouons
A paraitre
Afin de se cacher

Nous avançons
Masqués

(copyright)

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15 Réponses to "Bonjour les petits enfants"

Bonsoir chère Dominique,

Voilà un très joli poème pudique sur les clowns que nous sommes tous derrière nos petits masques. Ce n’est pas pour dissimuler mais pour se cacher des autres, se protéger, un rempart de couleurs et de grimaces, quant à moi, instinctivement, j’ai toujours trouvé les clowns tristes.
Je pense aussitôt à la chanson d’Edith Piaf, « Bravo pour le clown » et aussi à la citation d’André Suarès : « le clown n’est ni comique ni tragique, il est le miroir comique de la tragédie et le miroir tragique de la comédie ». Je pense également à un grand clown qui a fait rire les petits enfants et dont la fin fut très triste… et puis il y a le poème de Verlaine :

« Le clown

Bobèche, adieu ! bonsoir, Paillasse ! arrière, Gille !
Place, bouffons vieillis, au parfait plaisantin,
Place ! très grave, très discret et très hautain,
Voici venir le maître à tous, le clown agile.

Plus souple qu’Arlequin et plus brave qu’Achille,
C’est bien lui, dans sa blanche armure de satin ;
Vides et clairs ainsi que des miroirs sans tain,
Ses yeux ne vivent pas dans son masque d’argile.

Ils luisent bleus parmi le fard et les onguents,
Cependant que la tête et le buste, élégants,
Se balancent sur l’arc paradoxal des jambes.

Puis il sourit. Autour le peuple bête et laid,
La canaille puante et sainte des Iambes,
Acclame l’histrion sinistre qui la hait. »

Ceux de Buffet sont plus gais quand la musique est là !

Bises.

Bonsoir chère Monique, vos commentaires enrichissent et nourrissent notre amitié de vos connaissances et réflexions.
Il me semble que l’ on peut effectivement parler de la bivalence du clown, tragi-comédie.
S’ il y a dissimulation, ce n’ est pas avec intention de tromper l’ autre, on peut se tromper sur soi-même.
Décidément, Verlaine est souvent, et heureusement, convoqué, récemment l’ amie Marmara nous rappelait « Ecoutez la chanson bien douce ».
Bises.

Chère Dominique,

Le clown est un personnage comme tout le monde sauf qu’il a cette mission de se travestir à chaque représentation devant un public puisqu’il doit nécessairement amuser cette sorte de galerie, parfois implacable, qui lui fait face et si le clown n’est pas drôle elle le fait savoir bruyamment. Petite, j’ai vu un pauvre vieux clown sortir sous les quolibets, les sifflets et divers noms d’oiseaux car on ne pardonne pas à un clown d’être mauvais. Il y avait cet après-midi là quelque chose de pathétique.
Se tromper sur soi-même, c’est peut être ne pas se connaître, voilà une vraie question.

Verlaine ici exprime bien ce jeu de miroir et dénonce aussi « le peuple bête et laid ».

Bises.

Bonjour Dominique , Monique . Le poème démarre sous un ton ludique puis amorce le vrai sujet . La vie qui est une comédie , un jeu de rôles .
Votre anecdote est triste , Monique , le vieil homme a dû perdre ses illusions …
Les meilleurs clowns , surtout de nos jours , sont les clowns russes .
Ils associent la magie à leurs facéties . Vivent les clowns , les bons clowns , ceux qui aiment les enfants , les petits et les grands !

Bonjour Darie, vous avez bien lu ^^.
Au cirque, certains sont fascinés par les acrobates et guettent le faux-pas, la chute qui fort heureusement est rare.
Mais on ne pardonne pas à celui dont le rôle est de nous amuser de louper son numéro « Make’ Em Laugh » (faites-les rire), l’ artiste doit divertir son public, c’ est dit dans « Chantons sous la pluie ».
Une autre citation où le rire est un medium, un moyen, d’ Oscar Wilde
« “If you want to tell people the truth, make them laugh, otherwise they’ll kill you”
(Si vous voulez dire aux gens la vérité, faites-les rire, sinon ils vous tueront)
Ne pas laisser entrevoir qui est sous le costume du clown parce que pas de pitié pour les clowns !

Bonsoir Dominique : quel beau poème! les clowns sont évoquéspar petites touches, mais l’idée-force, c’est bien ce que nous-mêmes dissimulons de nous aux autres, souvent bien obligés de « jouer la comédie », par « politesse », pour garder la face, aussi par respect …Un léger maquillage , et on se sent le coeur moins nu…D’où peut-être cet extraordinaire succès de carnaval de Venise: derrière le masque, nous sommes nous-mêmes..Commepour beaucoup d’enfants, les numéros de clowns étaient mes préférés au cirque…Je ne sais si ces numéros existent toujours, et comme Monique , je trouve les clowns tristes! Cela me rappelle Calvero dans le film de Chaplin  » Limelight »; Roger Grenier a tiré du scénario de Chaplin un roman  » Limelight. Les Feux de la rampe », Paris, Gallimard, 1953: et le passage qui décrit « l’apothéose » du clown, qui, par amour, remonte sur scène, et sa fin, est bouleversant: tout à son numéro de virtuose violoniste, il tombe dans une grosse caisse de la fosse d’orchestre, se brise la colonne vertébrale, mais demande à ce qu’on le ramène sur scène: la foule croit que son numéro continue et lui fait un triomphe: » Des machinistes l’emportaient dans cet appareil, tandis qu’il jouait toujours ses czardas, comme si rien, ni la mort, ni l’enfer, ne pouvaient faire taire cette musique qui contenait toute sa joie de vivre ».
Chaplin est le plus grand clown de tous les temps, même si son oeuvre va bien au-delà .

Bonsoir Marmara, il me semble qu’ on retrouve de cette tristesse éprouvante chez certains cinéastes italiens de l’ âge d’ or de Cinecitta.
La Strada n’ en est pas l’ exemple parfait , mais ce que vous écrivez m’ y fait penser.
Je vous rejoins absolument sur Chaplin.

Dominique, et comment ne pas évoquer le meilleur pitre hollywoodien, Robin Williams ?

Chère Monique, Je ne connaissais pas très bien Robin Williams, mais je comprends qu’ il réfléchissait beaucoup à son art et qu’ il n’ était pas si éloigné
de l’ esprit clownesque, dans ses recherches sur le langage corporel, l’ élocution, la prononciation etc..

Bonsoir Dominique, Darie, Marmara,

Que vos commentaires sont beaux mais le poème de Dominique le mérite. Je dirais presque que je sais maintenant pourquoi je n’aime pas les clowns, c’est une découverte au delà de ce sentiment inexpliqué. J’ai cru longtemps que j’étais une petite fille « pas comme les autres », me voilà rassurée.
Au carnaval de Venise, je crois que chacun endosse un personnage dont il a rêvé et qu’il ne sera jamais, tout est permis ce jour-là, la bergère devient princesse d’un jour. C’est une explication mais probablement pas la seule car il y a des masques tragiques, quel message pour celui qui le porte, c’est peut être sa vérité ! mais pourquoi les clowns réveillent-ils notre sensibilité (sans sensiblerie) on ne les regarde pas comme des comiques.

Quand j’évoquais ce grand clown, il s’agissait d’Achille Zavatta, le clown qui ne voulait pas jouer au malade… et dans ce personnage je rejoins Dominique, Fellini et la Strada.

Chaplin, Limelight, ce que j’ai pleuré sur les deux petits chaussons de satin blanc, sur le cœur d’un clown dansaient gaiement ….Chaplin, un monument ! allez, pour le bonheur :

« Ecoutez cet air, c’est l’histoire banale,
de ce ver de terre, amoureux d’une étoile.
Histoire d’enfants, qui souvent fait pleurer les grands.

Deux petits chaussons de satin blanc,
sur le cœur d’un clown dansaient gaiement.
Ils tournaient, tournaient, tournaient,
tournaient, tournaient, toujours.
Plus ils tournaient, plus il souffrait du mal d’amour.
Deux petits chaussons et par dessus,
les plus jolis yeux que l’on ait vu.
Sous de longs cheveux légers, légers, légers,
et qu’il était bien obligé d’aimer.

Le nez vermillon, le chapeau sur la tempe,
comme un papillon, sous les feux de la rampe.
Le soir il jouait, mais tandis que les gens riaient.

Deux petits chaussons de satin blanc,
sur le cœur d’un clown dansaient gaiement.
Ils ont tant tourné, tourné, tourné, qu’un soir d’été,
le cœur du clown, trop essoufflé, c’est arrêté.
Deux petits chaussons de satin blanc,
sur le cœur d’un clown dansaient gaiement.
A vingt ans, l’on ne sait pas toujours,
que même un clown, ça peut mourir d’amour. »

L’ amie Monique, nombre d’ enfants ont peur des clowns et certains adultent sont mal à l’ aise face à eux, vous voilà heureusement, rendue banale. ^^
Il suffisait d’ en parler !
J’ ai beaucoup sangloté aussi en visionnant « Limelight »; en lisant le texte que vous avez aligné pour nous,
j’ entends la valse…

Une chanson, une musique inoubliable, ce fut la touche parfaite pour illustrer ce film et mettre en valeur les sentiments de ces personnages.
Quant le clown n’est pas triste, ce n’est pas un bon clown. Le rire n’est pas forcément une preuve de gaieté mais seulement une hilarité momentanée. Je ne sais plus qui a dit : « le rire, c’est un moment d’anesthésie du cœur ».

Je suis loin d’ être calée sur Chaplin mais il me semble qu’ il accordait de l’ importance à la musique de ses films.
Il arrive de rire aux enterrements et ce n’ est pas de gaieté de cœur.

Dominique,

Pour Robin Williams un très bel hommage de Télérama lui a été rendu,

Robin Williams : le clown était triste – Cinéma – Télérama.fr

Merci pour la référence, je vais consulter l’ article sur Robin Williams.
Bises.

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