happy days

Haïku d’ automne (7)

Posted on: 11 octobre 2014

AlAlain Kleinmann (copyright)

Alain Kleinmann (copyright)

Un trait de soleil
sur les livres
rayon
de bibliothèque

(copyright)

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85 Réponses to "Haïku d’ automne (7)"

Bonjour Dominique , j´ai tout de suite pensé au monastère de l´Escurial en lisant le haïku . Il y a là la seule bibliothèque où les livres sont rangés avec la tranche dorée vers l´extérieur . Cela doit être une jolie vision !
C´est pour aérer les livres et éviter les dégâts dus à l´humidité .

Bonjour Darie, l’analogie est lumineuse…
Je ne sais si le soleil donne dans la bibliothèque de Philippe II, (j’ en doute), mais si c’ est le cas, cela devrait être un spectacle fabuleux !
Je suppose que ces livres dorés sur tranche, rangés le dos au mur, sont également marqués sur tranche, sinon comment les distinguer ?
La dorure protégeait le papier des moisissures et peut-être aussi de l’ attaque des vers.
Savez-vous qu’ en anglais, un rat de bibliothèque est un vers de bibliothèque (a bookworm) ?!

« … distinguer les titres … » voilà une question très pertinente à laquelle je n´avais pas pensée … Eh oui , les livres sont faits pour être lus … Je ne connaissais pas la véritable raison des dorures de la tranche . Je pensais que c´était pour rendre les livres somptueux .

Chère Darie, cela rendait, aussi, les livres somptueux ^^.
Je trouve les livres dorés sur tranche élégants et mon petit luxe annuel de rien du tout, est l’ achat d’ un petit agenda de sac avec dorures.
A chaque fois que je m’ en sers, quasiment tous les jours, cela m’ apporte une petite émotion esthétique agréable, l’ air de rien.

A 18 ans , je trouvais les paquets de cigarettes Benson&Hedges très
beaux aussi dans mon sac , dorés intégralement . Je me suis laissée entée une demie dizaine de fois , et heureusement cela m´a passée … Mon maigre argent de poche s´évanouissait en fumée … Il vaut mieux un agenda , qui joint l´utile à l´agréable 🙂
En vérifiant l´orthographe de la marque , j´ai vu que les nouveaux paquets sont beaucoup moins glamour !…

Ah, la comparaison est très juste, c’ est vrai que certains paquets étaient glamour dans un sac et c’ était bien pour inciter à fumer que l’ emballage était aussi séduisant.
Vous rappelez-vous les cigarettes longues et fines supposément féminines, sorte de remplacement de l’usage du porte-cigarette si sexy !
Et certaines marques baguaient d’ un large anneau doré la cigarette, avant le filtre, c’ était très joli aussi.
Depuis peu de temps, j’ ai lu qu’ en France désormais, il y a uniformisation de la présentation des paquets qui ainsi perdent tout attrait esthétique et cela pour diminuer encore le nombre des « primo fumants ».

Oui Dominique , je suis tombée dans le piège 5-6 fois . Et puis une copine de classe me disait :  » C´est bien d´habiter près de la Belgique , les cigarettes sont moins chères là-bas  » . ( Je faisais même le trafic des cigares de son père , des cigarettes pour toute sa famille à Paris ) . Heureusement , j´ai vite compris que mon porte-monnaie n´avait rien à gagner . A la santé , je n´y pensais pas encore . A 17-18 ans , on a d´autres critères de valeur . Rires .

C’ est drôle !
Votre porte-monnaie aurait eu à y gagner si vous aviez été intéressée à ces « mouvements » mais je doute que vous ayez le sens de « la petite entreprise ». -:)))
Il y a quelques petites décennies, on ne parlait pas des méfaits du tabac sur la santé.
En Angleterre à l’ époque, il y avait des distributeurs de rue partout, comme les distributeurs de bonbons dans le métro, on sortait des salles de cinéma, les yeux rougis des fumées de cigarette, tout le monde clopait et l’ écran était envahi.
On était inconscient du tabagisme passif.

Que dire
de plus ?
Sinon …
rien !
AAAHHH …
oui …
C’ est cela,
nul !

Votre avis est clair, net et precis,
insidieux aussi, argumente en plus,
Il ne peut faire que jurisprudence,
tant sur le fond, que sur la forme .

Je ne vous permet pas …
Madame, enfin !!!

Yannick , un haïku sur les rats de bibliothèque , juste pour vous .
Un rat malin trottinant
Sur la rangée de livres …
Pour lire ou pour survivre ?

C´est bien ? Il faut une réponse maintenant . Vous dévorez les livres ? rires .

Bonjour les poètes, j’ai pensé aussi à la magnifique bibliothèque de l’Escurial, certains livres étaient serrés sur des tables moyenâgeuses avec une protection de verre, sous clés. Les étagères montaient jusqu’au plafond, boiseries et fresques. Ces milliers de livres anciens, dorés sur tranche, contiennent une somme de connaissances qu’aucun homme, je dis bien aucun, ne lira jamais. Il y a probablement des réponses à l’histoire du monde, des secrets de rois et de reines et tous les grands du monde, combien faudrait-il de vies pour tout lire et approfondir et combien de mains ont retouché, rassemblé, dissimulé des notes qu’il ne faut pas lire ?
Cela nous ramène au film « Le nom de la Rose », certains prélats fous voulaient garder cette connaissance pour eux seuls. Regardez ce que l’on fait dans certains pays où le savoir (comme l’école) est interdit aux femmes et dans l’ensemble au peuple ! la connaissance est une arme !
Une telle bibliothèque est écrasante, intimidante, on se sent tout petit et inculte.
Qui se souvient des fines cigarettes en papier couleur pour les dames ? que c’était féminin. Je ne discuterai pas des méfaits du tabac n’étant pas d’accord avec cette répression à deux pas de la meilleure époque de prohibition de l’alcool. Ce n’est qu’une manière de remplir les caisses de l’état et je ne crois pas une seconde que cela aide à lutter contre le tabagisme.
Tout le cinéma américain, rapport de forces, virilité, bravoure, héroïsme et pour la femme charme dans le style vamp, tout cela repose sur la cigarette tout comme la bouteille d’alcool et le verre.

Il y a à…fumer et à boire dans ce splendide commentaire, l’ amie Monique.
Quelle chance d’ avoir visité l’ Escurial et sa bibliothèque !
Cette extraordinaire somme de connaissances a-t-elle été l’ objet de consultations et de recherches ou bien est-ce fermé au monde ?
On peut tout imaginer, des œuvres secrètes, ignorées des grands auteurs, des secrets d’ histoire, des découvertes scientifiques considérées comme diaboliques à leur époque et toujours méconnues…

Je ne vois pas comment ces interdictions qui resserrent le filet autour du tabac remplissent les caisses de l’ Etat, logiquement ce sont des rentrées en moins ?!
Il me semble que l’ on fume moins qu’ avant.

C’ est vrai que alcool et tabac dans les romans et au cinéma définissaient virilité et sensualité « cigarette, whisky et p’ tite pépé »
chantait magnifiquement Eddie Constantine.

Un long commentaire et HOP, avalé ! je vais essayer de le refaire !

Officiellement, on fume moins, mais je ne le crois pas, il ne faut pas oublier les marchés parallèles qui sont devenus une véritable institution dans beaucoup de quartiers et de villes. L’économie souterraine bat son plein, il faut aussi penser à tous ces frontaliers qui passent la ligne imaginaire et reviennent avec plein de cartouches. J’ai des personnes dans la famille dépendantes du tabac, quand elles vont en Allemagne c’est pas pour le tourisme ! mourir d’un cancer ne les effraie pas du tout et il y a la réponse pare-feu : « en traversant la rue on peut aussi mourir ! »
Je me souviens d’Eddie Constantine, Lemmy Caution, il avait une voix rauque, un accent américain très plaisant, une peau grêlée de celui qui a roulé sa bosse et un chapeau de parrain. Il y avait aussi Dominique Wilms, la vamp de la Môme vert de gris, c’est aujourd’hui une femme fatale de 83 ans, elle est toujours parmi nous, finalement c’est l’âge qui est fatal ! RIRE.

J’ai beaucoup aimé le Monastère de l’Escurial, à quelques 70 km de Tolède, un chef d’œuvre impressionnant et grandiose digne de recevoir tous ces rois d’Espagne et leur famille, la superbe salle capitulaire, tapissée de tableaux représentants tous les prélats, ils ont tous un doigt pointé vers le ciel…reflet de cette Espagne la catholique…..un temps révolu.

Quand je dis  » trafic  » , c est un bien grand mot , car je ne prenais pas un sou de commission ! C´était juste pour le plaisir de m´encanailler ;-))
J´ai compris moi-même que le tabac était nocif et dangereux quand une amie ( 20ans toutes les 2 ) m´a demandée de l´accompagner à minuit , en décembre , stage le lendemain à 8h , nous logions dans le Vieux-Lille , sordide à l´époque .Il était tard , pluvieux , pas sûr dans les rues , pas de boutique ouverte connue , et elle voulait une cigarette pour dormir ! Je me suis dit en moi-même :  » Ce n´est pas un truc pour moi . » C´était comme un fil à la patte , une menace pour ma liberté . Je m´en souviens comme d´hier . Et un jour , je jette son paquet par la fenêtre du 4ième étage en disant :  » Comme cela tu ne fumeras pas les trois cigarettes qui restent  » . Mon Dieu ! Elle m´a regardée avec des yeux noirs , une vilaine grimace sur la figure , avec des paroles méchantes , alors qu´on s´entendait très bien . Cela m´avait vraiment choquée !
J´ai vu là que le tabac était à éviter à tout prix .

Darie, c’ est la description d’ une authentique addiction et d’ un état de manque, impressionnant !

Dites les copines, z’ avez vu, elle me provoque,
avec ses esquisses nippones !!!

Qui fait cela ? Et quelles esquisses ? Ni ponnes , ni quoi ?
Expliquez-vous calmement Yannick .

Ne vous inquiétez pas, Darie, je lui ai dit (à lui et à son alias juriste) de la boucler ; il n’ est pas habitué.^^

Vous faites bien de vous en gausser,
je souhaiterai excuses, 1000 et plates,
Madame …

Yannick ne pas confondre esquisses nippones et esquisses friponnes !

La bagatelle,
a 20 ans oui,
au dela non,
frivolites,
peut etre oui,
peut etre non,
qui sait,
c’ est selon …

Monique , je ne connaissais de Bibi Fricotin que le nom . Mais je connais un peu Lucky Luke , son gros bêta Rantanplan et son cheval efflanqué . ( Rantanplan aussi ! 🙂 , et j´avais trouvé géniale , l´idée de remplacer son mégot par un brin d´herbe . C´était bien trouvé . Mais ma BD préférée reste Gaston Lagaffe et sa mouette . ( Astérix aussi ) .
Cela date un peu , mais ce sont de bons souvenirs de jeunesse , et
c´est imparable … sourire attendri …

Bonsoir Darie, j’avoue être très en retard sur les BD mais celui-là me rappelle quelque chose, avec les Pieds nickelés.. parfois on s’intéressait aux BD de garçons, en fait on lisait tout ce qui nous tombait sous la main sans distinction. Je n’aime pas Astérix, mais il y a peut être un début d’explication, déjà petite et en histoire, je n’aimais pas les dessins des villages gaulois, la vie en Gaule m’ennuyait fort. Mais cela, je n’ai jamais pu me l’expliquer.

Bonjour tout le monde, n’ est-ce pas sensationnel, nous pouvons parler de l’ astrale bibliothèque de l’ Escurial, puis de Bibi Fricotin, et tous les bonshommes en dessin !
Bises.

Nos ancetres les gaulois, qu’ elle disait aux ecoliers,
la Republique, si si, qu’ ils soient d’ Auvergne, des
Colonies, ou meme de Corse …
Alors qu’ en cette derniere, les seuls gaulois y ayant
Jamais mis un pied, Asterix et Obelix, leur cleps aussi,
c’ est bien peu pour en faire des ancetres et cela
maintenant, fait rire tout le monde la bas, alors que
pour un peu, nos ancetres a nous, ils y auraient cru,
trop heureux d’ en etre, de la Grande Nation …
Aujourd’ hui il en est tout autre, mais c’ est parce que
la France, qui dominait le second Empire Colonial de
tous les temps, est a ce jour incapable de gerer la
Corse, comme tant d’ autres choses aussi d’ ailleurs,
n’ est plus que l’ ombre d’ elle meme …

Le juriste, vous me l’ avez souffle !
Bravo !!!

Un trait de soleil
Sur roues de velo,

Rayon
de becane .

Yannick , j´ai un meilleur haïku , bien meilleur …
Le rayon patisserie ,
Etincelant des mille feux
Des éclairs .

C´est bon ? ( Je parle du haïku ) J´ai regardé Les meilleurs pâtissiers de France hier , je suis sous influence .

Darie, c’ est très bon !

Grossiere erreur,
faite par tous,
sucre vers langue
et non palais,
meilleur il sera .

les papilles sur langue,
sont posees dessus,
comme Rafales,
sur Porte Avions .

Dominique , Yannick , bonsoir , ils ont faits un croque-en-bouche hier soir , une pièce montée et un Magnifique .  » On regarde avec les yeux  » , petite phrase qu´on me disait quand j´étais jeune , et pour le coup … oui , on n´avait pas le droit de goûter … Rire .

J’ ai toujours prefere mettre les pieds dans le plat,
Darie, vous savez ?

Et on vous laisse faire ???

Bien sûr que non, mais hélas, il est toujours
un peu trop tard et je me retrouve toujours,
au dedans, c’ est ainsi Darie, la Vie réelle !

Des mesures, démesure, un brin d’humour pour rattraper le haïku si petit et trop court, avec Lucienne Desnoues, que j’ai rencontrée une fois et qui nous a quittés en 2004.

« Mesures

Les kilomètres signés
Marquise de Sévigné.
Les arpents de La Fontaine
Aux mesures bien certaines
Dans leurs jalons inégaux.
Les hectares de Hugo.
Flaubert qui ponce et qui rogne.
Verlaine en ses doigts d’ivrogne.
Une jauge de cristal.
Le gros tonnage mental
Des Écoles, des Églises,
Quatre vers qui se relisent,
Quatre mille jamais plus,
Quatre millions jamais lus.
Rimbaud, voltage terrible.
Mallarmé, avare crible
Pour des onces, des carats.
Le gramme qui survivra.
Le quintal qu’on enterre.
L’alexandrin solitaire
Qui reverdira pourtant,
Repercement du printemps.
La toise du grand Molière.
Le lourd aunage de lierre
Qui drape Chateaubriand.
Tes sveltes compas brillants,
Tes balances minuscules,
Proust. O Balzac, tes bascules.
L’acre et le mille hantés
De Shakespeare et de Bronté.
Melville, tes encablures
Où des baleines se plurent.
La veste de Féodor,
La lieue où l’ogre s’endort.

Quels mesureurs elles eurent
Nos humaines démesures !

Lucienne Desnoues (« La plume d’oie », 1971)

Bonsoir Monique, c’ est épatant !
MERCI

Monique , quel beau florilège d´écrivains . Même Shakespeare y est présent , et Dominique y est sensible .

Ah Darie, vous avez noté mes faiblesses ! ^^

Cela va faire des jaloux, il y en a plein, qui n’ y sont pas,
vous jouez avec le feu Monique, munissez vous d’ un
extincteur, bien plus maniable en ce départ de feu
poétique, qu’ un Canadair de la Base de Marignane !

Ils sont presque tous là, mais nous avons encore tant de démesures à métrer qu’il n’y aura pas de fin. Shakespeare pourrait être le maître arpenteur… qui a osé dire que l’homme était petit ? et chapeau bas aux femmes en passant.

Bonjour notre l’ amie Monique, j’ ai consulté une courte biographie de Lucienne Desnoues et je vois qu’ elle a épousé un poète belge, lui-même fils de poète.
Elle a vécu plusieurs décennies en Belgique, avant de finir ses jours à Montjustin, dans le sud de la France.
J’ ai le sentiment que la Belgique est un creuset de poétesses, Est-ce exact ?
Bises.

Oui l’amie Dominique, les poétesses belges sont très connues, la Belgique a donné beaucoup de talents, elles sont dans les grandes anthologies de la poésie féminine, notamment celle de Jeanine Moulin et Régine Deforge . J’ai un faible pour Liliane Wouters, Andrée Sodenkamp, Françoise Delcarte, Louis Dubrau ( alias Louise Janson-Scheidt), Marie Gevers, Lucienne Desnoues bien sûr. Mais la France n’est pas en reste, nous avons de très grandes poétesses. Bises.

Hello Monique, cette énumération est comme autant de portes à ouvrir pour découvrir des talents. (plus simplement, acquérir ces anthologies^^)
Je ne connais hélas pas (ou si peu) la Belgique et je me demande pourquoi cette « tradition » d’ écrivains et poètes.

Et pas un de ceux ci, il n’ aurait osé écrire un Haïku,
çà, c’ était des poètes et des vrais … hé hé hé !!!
Mais lorsque qu’ elle ne s’ épanche pas sur de tels
exercices de style, j’ en connais une qui a de belles
ressources en elle, avis et là, tout personnel .

Yannick, le haïku est tout un art et c’est parfois plus qu’un poème, c’est le fruit d’une profonde observation ou une méditation, c’est une exaltation toujours renouvelée, le haïku a mille facettes et il peut tout exprimer. Voilà, je me suis improvisée humble avocat non pas du diable mais du haïku… et on en glisse un petit ? si, si !

Au clair de lune
je laisse ma barque
pour entrer dans le ciel (Koda Rohan)

« 

Pour penetrer le Ciel,
visiter la Lune aussi,
delaissez la barque,
lui preferez la fusee .

Et TOC !

Ben et moi … on ne m’ aime plus ?
Serai je le Calimero de ce Blog,
je m’ interroge …

Pas besoin de verroterie ici, ni de tenue de soirée, seuls respect et politesse sont exigés.

Je viens de découvrir Calimero à 11h15 ce jour …
Bibi Fricotin hier , Calimero aujourd´hui . Demain , surprise …

Calimero, poussin noir avec coquille sur la tête, p’ tit bonhomme…

…et qui se croit malheureux , le pauvre chou …
Je vais visionner encore quelques extraits , car cette heure-ci , personne ne me voit . Rire .

Oui Darie, mais Calimero (puisqu’ il est question d’ objet de transfert) n’ est jamais impoli, irrespectueux ni lourdement insistant sans tenir compte de la sensibilité de l’ autre…

T’ en veux une, pin up ???????????

J’ dirai même plus … BECHEUSE !!!

Bonsoir les haijin ; tout ce que je viens d’écrire s’est envolé parce que j’ai, encore une fois, agrandi le tableau! Je trouve que votre haïku, Dominique , illustre ce tableau, autant que l’inverse: ce rayon qui éclaire certains livres, les portraits ici et là, les planches de bois estompées, tout cela crée un univers particulier, loin des bibliothèques trop bien rangées, nous emmène dans un univers rassurant et intimidant, avec ces grands livres qui parlent de quoi? Qu’est-ce qui est représenté tout en bas, qui fait penser à un canapé , tout petit , mais où je vois aussi un grand livre posé? Je découvre Alain Kleinmann, et , en regardant des photos d’autre tableaux, on voit qu’il utilise beaucoup cette gamme de marron ( je suis aussi tombée en arrêt devant les bleus utilisé dans  » Le long voyage »); sur un des nombreux sites qui lui est consacré, on comprend qu’il est en quête du passé vécu par son peuple, lui étant né après la guerre. C’est le sens de ce qu’ont écrit sur lui Aragon, Marcel Marceau, Ivry Gitlis, , Vladimir Yankelevitch, Elie Wiesel, André Glucksmann, et d’autres, comme Moustaki : « Comme ces jardins japonais qui contiennent dans un faible espace tous les éléments de la nature, ses oeuvres offrent à notre regard les couleurs, les reliefs, les personnages, le graphisme, de la mémoire – parfois imaginaire- d’un homme, d’un peuple, d’une Histoire… »

Bonjour Marmara, merci pour votre commentaire qui élève ce blog.
D’ ailleurs, merci à vous tous pour apporter tant à cet ouvrage home-made, par votre esprit, votre personnalité, votre sens de la camaraderie (virtuelle) et votre savoir.
Je ris beaucoup, je réfléchis et j’ apprends ; j’ espère que les visiteurs du blog, ceux qui gravissent les 39 marches avec nous, éprouvent les mêmes satisfactions.
Bientôt les 100 000…
Je connais Alain Kleinmann , personnellement, depuis une trentaine d’ années, son œuvre a évolué, en moyens (collages…), teintes, en motifs aussi, mais le cœur de l’ inspiration demeure la mémoire.

Bonjour Marmara, à propos d’Alain Kleinmann, à lire le superbe poème de Dominique, sur ce même blog, ( 45 commentaires magnifiques), titré l’allée des cerisiers », sur le Kaddish en date du 17 mai 2011, illustré par une superbe toile du peintre. Le lien les 39.marches s’affiche en allant dans Alain Kleinmann, « images », cliquer sur l’assemblée des juifs priants avec leur livre, photo n°2.
Que c’est bon de relire tout cela….. merci aux poétesses qui nous permettent de redécouvrir quelques lieux oubliés ici.

Bonsoir Monique, vous m’ honorez en rappelant des poésies des années passées.
J’ ai tendance à les oublier, il y en a ici maintenant pas loin de 350, et l’ écueil à éviter est de se copier soi-même.
« L’ allée des cerisiers » (les obsèques de mon père) comme « Les deux bougies (Yom Kippour) » (la célébration familiale de Yom Kippour) sont les rares poèmes qui traitent
de sujets intimes, tout en restant factuels.
Kleinmann et Chagall ont des manières très différentes mais l’ un et l’ autre savent, me semble-t-il, évoquer le judaisme dans son simple quotidien.

Bonsoir Dominique, c’est un gros travail que de renouveler un blog, le tenir en éveil avec des nouveautés mais dans le fond on peut parler mille fois des saisons, par exemple, avec des émotions différentes car les saisons sont peuplées et enrichies aussi de notre quotidien du moment. Je ne pense pas que l’on puisse transmettre deux fois une même pensée, elle sera toujours différente.
Cette allée des cerisiers » est un moment intense pour vous mais il nous touche tous, surtout les anciens qui ont approché cette époque épouvantable.

Vous me touchez, Monique, la poésie est partage.
Il est vrai que l’ on redécouvre les saisons d’ une année à l’ autre parce qu’ on ne les aborde pas avec le même état d’ esprit ; entre temps on a vécu.
Et le lecteur lira aussi avec son état d’ esprit du moment.
On peut, sans aucun doute, parler mille fois des saisons, mais le renouvellement doit aussi concerner la forme, rythme et vocabulaire.
Et ici, les artistes illustrateurs choisis.

Merci Dominique et Monique: je vais aller dans » L’allée des cerisiers »; j’ai envoyé des liens à ma fille pour découvrir Alain Kleinmann; j’ai lu un entretien daté de 2012 au sujet d’Aragon; il y parle , en particulier, de l’analogie entre écrire et peindre.

Bonne lecture Marmara, cette allée a quelque chose de béni et elle a été ressentie comme telle quand on lit les commentaires qu’elle a suscités.
Cette analogie est bien vue, écrire c’est peindre avec sa plume en la trempant dans l’encrier des mots. Peindre, c’est écrire sans les mots.

Chère Monique, Alain Kleinmann a aussi beaucoup « écrit » sur ses toiles, reproduction de pages de livres , comme Maïmonide par exemple, lettres hébraïques…

Bonjour les poètes et puisque Dominique évoque ici le peintre Chagall, voici un texte du poète allemand Johannes Bobrowski, mort à 48 ans, présenté comme le poète errant des ombres et des fleuves (voir Esprits nomades) qu’il a consacré à Chagall :

« La patrie du peintre Chagall

Encore autour des maisons
le parfum asséché des forêts,
myrtilles et mousse de la terre.
Et le nuage devenu soir,
s’affalant autour de Vitebsk,
teinté de sa propre obscurité. En lui
un rire dégarni, quand l’ancêtre
guette sur le toit
vers le jour des noces.

Et nous pendions dans les rêves,
mais ce qui pouvait être sûr s’est enfui
autour des astres des patries de nos pères,
barbu, comme les anges, et la bouche tremblante,
avec ailes des champs de blé :

Proximité du futur, de ce son brûlant des cors,
quand tout s’assombrit, la ville
nage à travers les nuages,
rouge.

(Le temps sarmate)

Chère l’ amie Monique, cet été j’ ai assisté à une performance de Mikhail Rudy, le pianiste russe, nommée « La couleur des sons- Marc Chagall ».
Un écran nous montrait sous des aspects inconnus le plafond de l’ Opéra Garnier à Paris, peint par Chagall, des gros plans, des associations d’ images, des fondus, des inédits des études préalables au choix définitif, pendant que le pianiste jouait des œuvres de compositeurs variés.
Le public, ce soir là, a ovationné l’ artiste, debout !

Voici ce qu’ en écrit à ce sujet « Véronique Jourdain artists management »:

Mikhail Rudy – Marc Chagall – La Couleur des sons

« Des performances qui dépassent complètement le cadre du concert classique »
La Terrasse

« Mikhaïl Rudy, le pianiste coloriste » La Croix

« Si vous ne savez pas ce qu’est le charme russe, il vous le fera connaître ! Ce supersoliste puise brillamment dans un vaste répertoire… » (Télérama)

« Il est ainsi, Mikhaïl Rudy, infiniment cultivé, croisant sans cesse les registres de l’art et de la pensée » La croix

Les compositeurs du plafond de l’Opéra Garnier.
Concert accompagné du film d’animation de Mikhail Rudy

Mikhaïl Rudy a bien connu Marc Chagall dans ses dernières années.
Il a donné son premier concert en Occident avec Mstislav Rostropovitch et Isaac Stern dans le Triple Concerto de Beethoven pour le 90eme anniversaire de Marc Chagall, qu’il a rencontré par la suite à de nombreuses reprises.

En étroite collaboration avec la famille Chagall, qui a permis l’utilisation de nombreuses esquisses inédites pour le plafond de l’Opéra Garnier, Mikhaïl Rudy a créé un nouveau concert animé avec les musiques de Gluck, Mozart, Wagner, Debussy et Ravel.

La création a lieu pour le 40ème anniversaire du Musée Marc Chagall à Nice en juillet 2013 et à la Maison de la Musique de Nanterre en décembre 2013. Elle est suivie d’une série de concerts dont le Festival de La Roque d’Anthéron et l’Opéra de Rouen.
De nombreux concerts en tournées sont en perspective.

« Le dernier projet du fabuleux Mikhail Rudy, qui fait dialoguer les arts et la musique avec une maestria et une profondeur toujours saisissantes. Ici, un hommage émouvant et extrèmement bien realisé a un artiste qu’il a bien connu à la fin de sa vie : Marc Chagall »
Thierry Hilleriteau / Le Figaro

(copyright)

Je n’ai rien vu de tout cela, quel dommage.

J’ai un peu honte de ne pas aimer la peinture de Chagall !

Chère Monique, je n’ aime pas non plus la peinture de Chagall mais je l’ apprécie dans son originalité.
Je la trouve expressive de l’ âme russe et juive ashkénaze, plus de cinq siècles d’ osmose, c’ est très construit et coloré.
A mes yeux, c’ est un récit.
Chagall avait du charme.

Bonjour : Dominique, vous avez eu de la chance de voir ce superbe spectacle; merci de nous le présenter! j’ai réussi à en écouter et voir trois extraits sur des vidéos you tube, si courtes! J’ai été particulièrement enthousiasmée par celle ( 3mn!) où Mikhaïl Rudy joue un passage d' »Orphée et Eurydice » de Glück: on voit le ballet des thèmes chers à Chagall qui s’animent, se rejoignent: c’est magique. J’ai une vénération pour ce peintre dont les couleurs sont un hymne à la vie. Et je me rappelle les réactions et les trouvailles de petits élèves de 5ème avec lesquels j’avais « étudié »  » Le Violoniste bleu », dont la reproduction se trouvait dans leur livre . ( J’ai toujours eu beaucoup de plaisir à faire ce genre d’exercice, quels que soient le niveau des élèves, et le tableau choisi). Pour trouver les dates de reprise de ce concert, ce n’est pas évident, à part le 22 janvier prochain à Grenoble!

J’ai oublié de donner le lien:http://www.youtube.com/watch?v=5lxK437dXyQ

Bonsoir Marmara, ce fut une soirée d’ été enchantée !

Quel bel hymne à la Vie . La grâce et la délicatesse . J´étais surprise que les dessins s´animent , comme un truquage incongru , mais c´est bien . Et la  » bande-son  » , si je puis dire trivialement , est à la hauteur des dessins : superbe ! Dominique , un souvenir inoubliable pour vous .
Je vais écouter et regarder d´autres extraits .
Merci Marmara pour le lien , cela ne vaut pas un spectacle en live , mais c´est mieux que rien du tout . sourire .

Bonsoir Darie, il y a des soirées dont on se réjouit à l’ avance, on y pense, on les prépare en se renseignant sur les œuvres, le soliste, on se fait jolie, on se met en condition.
Là, rien de tout cela, j’ ai pris une place (excellente) au dernier moment, à mon étonnement il en restait, ne sachant absolument pas ce que serait ce concert, j’ y suis allée sur le nom de Mikhaïl Rudy et ce fut magnifique.
Oui, merci Marmara pour le lien.

Le siège vous attendait , Dominique ! On devine dans votre commentaire de 8h52 , que vous étiez ravie de votre soirée .

Je suis surprise , Monique et Dominique , que vous n´aimiez pas Chagall , que je viens de lire à l´instant . . J´ai mal dormi , et justement ,
j´avais réfléchi sur l´énorme évolution de la Peinture au cours des siècles ( eh oui , j´ai pensé à cela :-))) Les peintures académiques étaient surtout symboliques ( mythologie ) , les peintres flamands faisaient des portraits ( nouvelle bourgeoisie ) ou des tableaux qui reflétaient la société , etc… Ce n´est pas une thèse bien sûr 🙂 mais je
me disais qu´après XIX siècle , les peintures devenaient plus stylisées et plus gaies : les Impressionistes , Toulouse-Lautrec , Gauguin , etc… ,
le style a alors considérablement changé . Et le style de Chagall est très expressif , stylisé , souvent gai , mais pas toujours . C´est le ressenti , les sentiments qui s´expriment . Le  » Radeau de la Méduse  » par exemple serait peint de mille façons différentes , selon les artistes qui le peindraient . C´est mon grand fantasme : voir le même sujet peint par une foule d´artistes . Ce serait extraordinaire comme exposition ! sourire

Bonjour Darie, vos insomnies sont culturelles ^^.
Effectivement, je  » n’ aime pas » la peinture de Chagall, c’ est ma réaction primaire « j’ aime-je n’ aime pas » mais je l’ apprécie, je l’ ai écrit précédemment et pour tout ce que vous en dites !
Ainsi, cette soirée piano-peinture fut une extraordinaire aventure artistique et émotionnelle, parce que c’ est un artiste authentique, original et qu’ on dépasse son goût spontané pour apprendre à distinguer le talent.
Je le présente en illustration de mes poèmes, justement parce qu’ il est expressif et étaye les réflexions et émotions de l’ écrit.
C’ est bien, me semble-t-il, la démarche de Marmara qui apprenait à ses jeunes élèves à « lire » un tableau de Chagall.

Jusqu’ à une époque relativement récente, les œuvres des grands peintres étaient des commandes et sortaient d’ ateliers.
C’ était une vision de puissance, pas d’ art.

La peinture à l’ huile, sa conservation en tubes a autorisé une liberté d’ expression nouvelle.

La National Gallery à Londres organise de petites expositions d’ une salle, comment un même sujet est-il traité par différents artistes à différentes époques.
Vous voyez, vous êtes parfaitement en phase avec ce grand musée !

Merci Dominique pour cette réponse  » éclairante  » . Les idées de Marmara pour captiver ses élèves étaient originales et , les jeunes aiment bien cela . Cela ouvre l´esprit pour toute l´existence .
Je vois que la National Gallery , que je connais , ainsi que The Tate Gallery , ( j´étais ravie d´y aller , mais si je ne me souviens plus très bien de ce que j´y ai vu ..) , innove pour l´éveil des jeunes et moins jeunes .
Quelle idée géniale . sourire .

Chère Darie, j’ aime beaucoup la Tate Gallery qui depuis quelques années a été scindée en Tate Britain et Tate Modern, de chaque côté de la Tamise.
C’ est sir Henry Tate, négociant en sucre qui a fondé la Tate à la fin du XIX ème siècle pour y exposer ses collections.
Une recherche rapide m’ apprend qu’ il fut un généreux philantrope, un donateur modeste et discret.
Il aida notamment, et cela vous parlera peut-être eu égard à votre carrière, la Liverpool Royal Infirmary, et la Queen Victoria Jubilee Institute, qui devint Queen’s Institute for District Nurses.

Bonsoir les amies; je découvre votre discussion passionnante; j’ai eu la chance d’avoir en 5ème et après une professeur d’histoire, très férue de peinture et qui consacrait plusieurs heures à nous projeter des diapos, en les commentant, selon la période étudiée; elle a d’ailleurs contribué à la notice peinture de guides Gallimard sur la Bretagne; de plus, pratiquement chaque année , avait lieu un petit voyage familial de découvertes des hauts lieux culturels d’Italie, Pays-Bas , Espagne, Autriche etc: j’ai pu voir en vrai pas mal de chefs d’oeuvre; et j’ai eu la chance de visiter les grands musées de Londres avec mon père: je me rappelle avoir été scandalisée par la réflexion de petits crétins adultes devant  » Les Époux Arnolfini » de Jan van Eyck, genre : « Elle a attrapé le ballon »…Il y a des peintres que je n’aime pas du tout ( Rubens par exemple..), d’autres qui m’ennuient, mais en général, avec des explications, j’arrive à « rentrer » dans une oeuvre. J’ai aussi beaucoup de préférés de Fra Angelico à Bonnard, en passant par Jérôme Bosch, mais « pas que »! Découverte tardive , grâce aux manuels scolaires, de la beauté et la fraîcheur des fresques de Pompéi et des villas de la zone; j’avais parlé de la Flore de Stabies, mais pas des fresques de la Villa de Poppée à Oplontis, bien visibles sur le net: il y a des « natures mortes »( coupe ou corbeilles de figues), des oiseaux, des paysages magnifiques : tout cela est en grand danger!

Bonsoir Marmara, les voyages sont des expériences irremplaçables, même si nous avons la chance de disposer de l’ internet qui nous permet de magnifiques découvertes.
Entre nous, quel bonheur d’ arpenter un musée, avoir mal aux pieds et s’ asseoir sur la banquette centrale à côté d’ autres visiteurs qui parlent une langue étrangère, contempler les œuvres autour de soi et s’ abstraire pour se promener dans le tableau qui s’ offre à notre regard, droit devant.
Et pour garder le souvenir, on achète la carte à la boutique du musée.
Les Epoux Arnolfini, à la National Gallery de Londres, mon étonnement la première fois, devant le petit format du tableau qu’ aucune reproduction ne
m’ avait laissée imaginer !
Oui Marmara, les extraordinaires couleurs des fresques, la grâce des dessins, les plis des vêtements.
C’ est en visitant la Turquie que j’ ai découvert les mosaïques, je me suis alors intéressée à leur fabrication, trois couches de pièces de plus en plus petites…

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