happy days

LES ENFANTS DE LA GUERRE ( hiver 1943)

Posted on: 13 novembre 2012

Chère Dominique, pour vous ce petit texte et pour votre magnifique blog.

LES ENFANTS DE LA GUERRE (hiver 1943)

Un tas de ruines fumantes
de ce qui était hier encore
une maison et son décor
offrait ses plaies béantes.

Les restes d’un papier à fleurs
disaient mieux que des mots
que tout bonheur a son heure
tout temps son fléau.

Une porte miraculeusement intacte
tel un paravent dérisoire
servait de contre-attaque
aux galopins du trottoir.

Je me souviens de toi, Hélène
avant le déluge, c’était là ta maison
quelque part, ailleurs, tu avais nom
Frida, Hildegarde ou Marlène.

Jamais je ne t’oublierai
avec tes nattes blondes
tes yeux bleus riaient
dans nos jeux, dans nos rondes.

Entre deux sirènes et un bombardement
les enfants de la guerre restent des enfants
pour eux, la mort n’existe pas
c’est une sagesse que les grands n’ont pas.

En galoches et tabliers noirs
ils avaient la couleurs du temps
pourtant ils étaient le vivant espoir
le symbole d’un autre printemps.

Malgré le bruit des bottes
la faim, la peur, le froid
le Père Noël porte une hotte
quand on y croit.

Qui se souvient du bruit
de trente paires de galoches sur le pavé
c’était plus fort que les armées
qui patrouillaient, la nuit.

Ils étaient tous là
à jouer à chat perché
tous à regarder sans effroi
cette maison éventrée.

J’étais l’un de ceux là
en cet hiver quarante trois
en galoches et en tablier noir
et des décombres pour territoire.

(ML – SACEM 1986)
(copyright)

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7 Réponses to "LES ENFANTS DE LA GUERRE ( hiver 1943)"

Merci Dominique pour cette photo superbe, je suis très émue de « les » revoir, ces mômes du quartier, insouciants malgré l’heure grave, Les enfants ont cette faculté d’adaptation et de rester eux-mêmes, joyeux et inconscients hors des conflits de ce monde….pourtant, que d’anecdotes et de mots d’enfants dans mes souvenirs ! bises.

Bises l’ amie de nous.

Avec l’ autorisation de son auteur, zoa, (et mes remerciements) voici un commentaire au sujet de votre poème, l’ amie :

 » Le poème  » Les enfants de la guerre  » est
très parlant . La photo aussi . Ma mère assez jeune
était tout à fait dans cette tranche d´âge . Elle a des
souvenirs d´insouciance , car leurs parents(9 enfants)
essayaient de leur épargner les soucis . Elle s´en est
rendue compte plus tard , par des conversations .
Mon père , 5 ans de plus , ainé de 7 , était mis davantage à contribution . C´est normal . Ce qui est incroyable , c´est que cette  » situation  » de guerre se retrouve en ce moment même en Syrie . On pourrait penser que les dirigeants aimeraient privilégier les solutions diplomatiques , surtout au 21ième siècle , quand on connait toutes les misères et les dégâts que cela entrainent !…La représentation du tableau de Dali fait peut-être partie d´une belle expo que j´ai vue dans ma ville , ici ! Il y avait aussi de très belles
sculptures . Je croyais qu´il y aurait eu une cohue ,
mais j´y étais seule avec une amie . Pourtant tout
était authentique et valait vraiment le déplacement ! »

Sur le cercle « la Closerie », j’ai laissé une réponse au commentaire très intéressant de notre amie zoa, où elle parle de « tyskebarn » mais j’ai compris que si le sujet l’intéressait, elle ne pouvait pas en parler librement sur le journal. Je lui ai fait une réponse à ce sujet qui est très intéressant et nous présente d’autres enfants nés malgré eux de mères qui l’ont été malgré elles, c’est l’histoire de ces « lebensborn » dont les femmes suédoises ont eu à souffrir, tout comme les polonaises (des blondes aux yeux bleus), le livre de Marc Hillel s’appelle « au nom de la race »…. bien qu’ancien, je crois qu’on peut le trouver sur amazon. Ce livre avait fait beaucoup de bruit à l’époque.

Merci chère Dominique de nous donner un si beau blog pour des échanges que nous ne pourrions pas avoir ailleurs…. des bises avec ma gratitude.

Avec votre permission, je reproduirai votre échange de la « Closerie » ici, afin qu’ il y est cohérence et permanence de cet entretien à ce sujet.

Avec l’ autorisation des deux auteurs, voici un échange qui trouve bien sa place en commentaires de « LES ENFANTS DE LA GUERRE (hiver 1943) :

Zoa
@Miss •• ,A propos du poème , c´est vrai qu´il faut  » rendre à César ce qui est à César  » , et je vois qui a donc écrit ce beau poème . C´est une facon de mettre en exergue quelque chose d´un peu oublié , ou laissé de côté , comme ici , les enfants durant les guerres . Des enfants finlandais envoyés par centaines en Suède pour les sauver .Certains n´ont plus revu leurs parents ,ils s´étaient attachés aux nouveaux parents . Et puis , aussi les  » tyskebarn ou tyskeunger  » . Regardez sur google , impossible de
dire un mot là-dessus…On a lu le témoignage dans le journal , d´un homme né ainsi , il avait su garder des sentiments heureux envers la vie , mais cela
n´avait pas été sans mal . Je pense que très peu de monde connait cela en France et même en Suède ,
10 000 à 12 000 enfants sont nés ainsi .Je vous disais
bonne journée, puis bon a-m 2-3 fois , puis bonne soirée , maintenant c´est bonne nuit ! ( j´ai ramé ! )

VERVEINE
Bonsoir zoa, les enfants de la guerre ont été les mêmes dans tous les pays, la seule différence c’est qu’ils parlaient une langue différente mais ils ont été cette génération sacrifiée, on l’a appelée « la génération silencieuse », parce qu’ils n’ont pas eu grand chose pour grandir dans un monde de chaos. Pareil dans vos pays du Nord, les gens ont souffert de cette guerre et ont connu aussi de lourdes pertes et tant de drames. Il y a un livre sur ces « tyskebarn » appelé aussi « lebensborn » (ce qui veut dire fontaine de vie), des témoignages terribles que j’ai lus (marc Hillel). bonne soirée chère zoa.

Zoa, ce fut une époque où les enfants n’avaient pas droit à la parole, naturellement la bonne éducation voulait qu’ils se taisent mais pendant cette guerre, ils furent silencieux d’eux-mêmes… quand il fallut masquer les fenêtres avec des vieux journaux, ils n’ont pas posé de question, pas même lorsque l’on arrêtait des « voisins » collaborateurs d’une façon très musclée, personne ne sortait sur le palier, de même lorsqu’à la fin de la guerre certains fanômes, porteurs d’étoiles, sont revenus la bouche édentée, là non plus ils n’ont pas posé de question, je pense qu’ils ont compris tout seuls l’extrême gravité de cette époque si sombre. Pourtant, en groupes de copains, ils redevenaient des enfants ordinaires en occupant les ruines comme ils l’auraient fait de jardins. Aujourd’hui, c’est ailleurs que les enfants souffrent même si on leur a dit qu’ils étaient « ennemis » les uns les autres, bien avant leur naissance.

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