happy days

Les cimetières militaires britanniques du Pas-de-Calais

Posted on: 11 novembre 2012

On dénombre plus de 650 cimetières britanniques dans le Pas-de-Calais.

Tous les ans, le 11 novembre , les cimetières sont visités et honorés par des sujets britanniques, membres du Common Wealth, en effet plus de 180 000 soldats sont tombés au combat sur la terre de France, dans cette région qui fut aussi une base arrière sanitaire pour les régiments britanniques.

Au début des combats, on rapatriait les soldats morts et puis devant le nombre croissant des pertes déplorées, et la longueur du conflit, le gouvernement anglais créa une commission spéciale, chargée d’ organiser les inhumations là où les soldats étaient morts.

Le gouvernement français et les communes de l’ arrière-front accordèrent aux Britanniques les terrains nécessaires à ces cimetières militaires.

De nos jours, c’ est la Commonwealth War Graves Commission, créée par une charte royale en 1917, qui gère ces cimetières.

Sur chaque stèle blanche , sont gravés l’ emblème de l’ armée ou bien du régiment, puis le grade, le nom de l’ unité, la date du décès, l’ âge, un signe religieux éventuellement, et parfois, une inscription personnelle , voeu de la famille.

Et en ce jour du 11 novembre, les tombes sont ornées de petites croix de bois, où se trouve un coquelicot , symbole du renouveau depuis le poème du colonel John Mc Crae de 1915 « In flanders fields ».

Du reste, à Wimereux, à côté de Boulogne, se trouve dans le cimetière militaire britannique, un banc de pierre à la mémoire du colonel john Mc Crae .

Le 11/11/1918 à 11H11, le cessez-le-feu est effectif et sur la terre de France, les volées de cloches, les sonneries des clairons annonçent la fin des combats d’ une guerre, « la grande guerre » qui aura fait plus de 18 millions de morts, et laissera des millions d’ invalides, une génération dévastée.

(COPYRIGHT)

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Extrait de « REMEMBRANCE DAY » paru le 11/11/2010 sur le blog 39marches.wordpress.com

« 11 novembre, onzième jour du onzième mois à 11h11, deux minutes de silence en souvenir de l’ Armistice de la Grande Guerre et de ses millions de victimes .

Dans le Commonwealth, le symbole des victimes militaires, de leur souvenir et de notre reconnaissance est le coquelicot, le poppy . On dit aussi d’ ailleurs le Poppy Day .

Le lieutenant-colonel canadien John McCrae a composé un émouvant poème le 3 mai 1915 en hommage à l’ un de ses hommes qui venait de mourir au combat, « In Flanders Fields » . Il y est fait allusion aux coquelicots qui poussent parmi les rangées des tombes des soldats et cette image restera comme le symbole des morts au Champ d ‘Honneur ..

In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.

We are the dead. Short days ago,
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved and were loved and now we lie
In Flanders fields

Take up our quarrel with the foe:
To you, from failing hands, we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields
.

Dans les champs de Flandres, les coquelicots éclosent parmi les croix alignées qui marquent notre emplacement …

Nous sommes les morts . Il y a quelques jours nous étions vivants, on ressentait l’ aube, on voyait les lueurs du soleil couchant, nous aimions et nous étions aimés et maintenant nous gisons dans les champs de Flandres .
.

Tous les ans, en Grande-Bretagne, au profit des oeuvres pour les militaires, on achète des coquelicots en papier à agrafer sur nos vêtements, des petites croix de bois léger avec un coquelicot à la croisée des branches et maintenant également des pins coquelicot . Et nous sommes fiers d’ arborer ces insignes de mémoire solidaire et de gratitude .
.

Chaque année, au mois de novembre, je vais au cimetière britannique militaire d’ Etaples, Pas-de-Calais, en France, sur la route de Boulogne .

Il s’ agit du plus grand cimetière britannique en France, sur six hectares, près de douze mille tombes de jeunes gens, tombés essentiellement pendant les combats effroyables de 1917 pour défendre la zone nord, belge et française, derniers remparts avant la mer avec les ports d’ Etaples, Boulogne, Calais et Dunkerque et défenses des fronts de l’ Artois et de l’ Yser et du réseau ferroviaire Nord .

Le gouvernement belge, alors, était venu se replier d’ Ypres au Touquet, face à Etaples, où « le jardin d’ Ypres », rappelle au promeneur cette période de solidarité .

On mesure l’ importance stratégique de cette région et la volonté de la défendre « à tout prix » humain .

Ce cimetière fut inauguré le 14 mai 1922 par le roi George V .

Il se tient à l’ emplacement du plus grand camp d’ entrainement de l’ armée britannique en Europe, 80 000 militaires s’ y entrainaient . Il avait la réputation d’ être d’ une dureté insoutenable et une mutinerie fit de nombreuses victimes .

Plus d’ un million de soldats du Commonwealth y séjournèrent.

Des hôpitaux militaires actifs avoisinaient le camp .

Le cimetière est sur la rive nord de la Canche, il surplombe la baie, situé sur une haute dune par ailleurs à l’ état sauvage .

L’ entrée est impressionnante, on passe entre deux hauts cénotaphes de pierre claire, surmontés chacun de quatre drapeaux de pierre, en berne . ( architecte sir Edwin Luytens )

Et déjà, on est comme pétrifié . A perte de vue, des milliers de stèles alignées, blanches sur le gazon vert , en pente douce vers la Canche . On a envie de pleurer .

Cette organisation toute militaire nous interdit de considérer cette démarche comme romantique .

Comment ne pas se sentir les parents de ces gamins de vingt ans, nés tellement longtemps avant nous, pourtant .

Ils sont morts pour nous, on ne peut plus les protéger mais on voudrait protéger leur souvenir .

Il y a des femmes parmi ces inhumés, le carré des « nursing sisters », en effet, elles étaient nombreuses à se dévouer dans les pires conditions, dans les importants hôpitaux militaires également à cet emplacement .

Et, tristement, si tristement, la tombe singulière d’ un chinois, derrière un bosquet de bambous planté pour l’ honorer, lui qui est venu mourir si loin de chez lui .

On considère qu’ il y eu plus de deux mille chinois à mourir ainsi . La plupart n’ étaient pas des militaires mais des civils engagés pour la main d’ oeuvre nécessaire .

Ce lieu n’ est pas oublié, on voit à longueur d’ années, des véhicules essentiellement britanniques, stationner devant les majestueux cénotaphes . Certains cependant, viennent d’ outre Atlantique, en effet, il y a plus de mille tombes canadiennes . »

(COPYRIGHT)
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4 Réponses to "Les cimetières militaires britanniques du Pas-de-Calais"

Dear lady Do_Dickens . Merci pour cet émouvant hommage aux troupes Britanniques qui ont permis , en versant leur sang , à la terre de France de vivre en paix & en liberté . Mes arrières grand-parents ont combattu à leurs côtés . Nous ne les oublierons jamais . God save England and god save the Queen . ( Gilles  » Ronnie Thatcher » )

Bonjour cher Gilles !
On devait célébrer les 5O OOO visites de ce blog, après les « 20 000 mercis » et nous voici à plus de 55 000 …
Oui RT, plaisir de vous lire ici et à l’ occasion d’ une commémoration essentielle , le 11 novembre.
Le Royaume Uni prépare pour 2014 de grandes manifestations en l’ honneur des soldats de la « grande guerre » et des 100 ans du début de ce conflit .
Amicalement.
RV sur « les petits poulbots … en goguette » article de VERVEINE !

Chère Dominique, pour vous ce petit texte et pour votre magnifique blog.

LES ENFANTS DE LA GUERRE (hiver 1943)

Un tas de ruines fumantes
de ce qui était hier encore
une maison et son décor
offrait ses plaies béantes.

Les restes d’un papier à fleurs
disaient mieux que des mots
que tout bonheur a son heure
tout temps son fléau.

Une porte miraculeusement intacte
tel un paravent dérisoire
servait de contre-attaque
aux galopins du trottoir.

Je me souviens de toi, Hélène
avant le déluge, c’était là ta maison
quelque part, ailleurs, tu avais nom
Frida, Hildegarde ou Marlène.

Jamais je ne t’oublierai
avec tes nattes blondes
tes yeux bleus riaient
dans nos jeux, dans nos rondes.

Entre deux sirènes et un bombardement
les enfants de la guerre restent des enfants
pour eux, la mort n’existe pas
c’est une sagesse que les grands n’ont pas.

En galoches et tabliers noirs
ils avaient la couleurs du temps
pourtant ils étaient le vivant espoir
le symbole d’un autre printemps.

Malgré le bruit des bottes
la faim, la peur, le froid
le Père Noël porte une hotte
quand on y croit.

Qui se souvient du bruit
de trente paires de galoches sur le pavé
c’était plus fort que les armées
qui patrouillaient, la nuit.

Ils étaient tous là
à jouer à chat perché
tous à regarder sans effroi
cette maison éventrée.

J’étais l’un de ceux là
en cet hiver quarante trois
en galoches et en tablier noir
et des décombres pour territoire.

(ML – SACEM 1986)
(copyright)

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