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Premier de cordee (le film de Louis Daquin)

Posted on: 26 août 2011

Affiche du film "Premier de cordee" de Louis Daquin

Une projection unique, cet ete a Chamonix, dans le cadre des films de montagne, « Premier de cordee » de Louis Daquin, d’ apres le roman eponyme de Roger Frison-Roche .

Ce film fut tourne l’ ete 1943, a 3000 metres d’ altitude, dans le massif du Mont-Blanc, sans aucun truquage et l’ equipe d’ une quarantaine de personnes, s’ est decouverte des talents d’ alpiniste, quatre mois a devoir vivre la-haut, le temps du tournage .

L’ histoire : Pierre Serrevetaz est le fils du meilleur guide de Chamonix .
Ce dernier , Jean, ne souhaite pas que son fils suive ses traces, et veut qu’ il devienne hotelier, « pas dangereux et rapporte gros » .

Mais, Pierre a la passion de la montagne et en cela trouve une alliee, Aline, la femme qu’ il aime .

Au cours d’ une course entre amis, le jeune homme est victime de la « montagne pourrie », une chute de pierre le blesse a la tete et a la suite de cela, il se decouvre souffrir de vertige .

Une catastrophe qu’ il cache a tous .

Il tente , par des courses solitaires de vaincre cette peur qui le paralyse, en vain .

Il ne pourra etre premier de cordee .

Il fait alors semblant de se ranger a l’ avis de son pere, et sans adieux, part deux annees a Paris, en hotellerie, mais, la passion ne s’ est pas eteinte et c’ est en voyant une acrobate de cirque monter dans les cintres et tournoyer, seulement liee a la corde par une cheville, tete en bas, qu’ il decide de retourner a Chamonix , la ou il existe . A Paris, il etait « cadenasse » .

Il retrouve Aline qu’ il avait abandonnee, il lui avoue sa « faiblesse », elle lui pardonne son long silence et l’ entraine a l’ escalade, mais le vertige est toujours la .

Jean Servettaz, le pere, continue de son cote, malgre la promesse faite a son epouse d’ arreter la montagne, de guider des clients et c’ est au cours d’ une course qu’ il se trouve foudroye en plein orage .

Il est fixe pour l’ eternite en une pose altiere et noble, il meurt debout contre la paroi, le visage statufie, la main levee pour guider la corde de rappel .

Noblesse du devoir .

Une expedition part chercher son corps malgre le danger, et Pierre decide de se joindre a ses amis, son devoir l’ appelle la-haut, il s’ agit de son pere .

Ainsi, le garcon vainc son vertige et deviendra guide de haute-montagne, ce que son pere approuvait, les dernieres minutes de sa vie, en parlant avec le porteur de la course mortelle, George, le meilleur ami de Pierre .
Coherence et continuite .

Ce recit est avant tout un merveilleux hommage aux guides de haute-montagne de Chamonix et met en valeur leur professionnalisme exigeant , meme si la passion est la .

C’ est aussi une simple et sublime histoire d’ Hommes, animes par une passion et vivant pleinement et honnetement les valeurs essentielles de leur art .

Histoire epique qui rappelle dans sa trame les westerns, la recherche de conquete virile, les espaces, risques et dangers, soit pour mieux vivre, soit par passion, les femmes ont un role domestique, et ne font pas partie de ce qui relie les hommes entre eux, l’ amitie virile et l’ entr’ aide .

Aucun truquage, et c’ est emouvant de suivre les escalades, on est interloque par la nature du materiel, des equipements, vetements et accessoires .

Mains nues, dechirees par le glissement de la corde de rappel que l’ on freine, les lourds marteaux pour enfoncer les pitons, les crampons ficeles autour des chaussures , les berets sur la tete , les vestes ceinturees .

Le site du massif du Mont-blanc est filme dans sa majeste, on revoit le petit train du Montenvers, la Mer de Glace qui a tant fondu depuis et est devenue grise de pollution et caillasse, de nos jours !

Les Drus, l’ Aiguille verte, la vallee de Chamonix, le Brevent, a revoir tout cela, filme en noir et blanc il y a 70 ans, on eprouve un vertige de bonheur, d’ autant plus grand quand cela est deja familier au regard .

On s’ etonne presque de retrouver les memes nuages, les memes orages .

La meme glorieuse beaute .

La distribution de ce film est particulierement remarquable, Paul Frankeur, Jean Davy, Albert Duvaleix, le pere de Christian Duvaleix, Dufilho tout jeune homme, le premier role de Jean-Marc Thibault au cinema, Louis Seigner en medecin des hopitaux, a trois courtes scenes, et Maurice Baquet, beau jeune homme souriant, « ecureuil des montagnes », un veritable grand alpiniste impressionnant d’ aisance .

Il faut voir les images du tournage, pour mieux apprecier encore le resultat .

A la fin de la projection du film, puis du film du tournage, les spectateurs ont applaudi …

(Copyright)

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19 Réponses to "Premier de cordee (le film de Louis Daquin)"

Les Alpes …

Cap Corse ou Castagniccia de Dominique,
Chamonix, son Bastia ?

Juste pour savoir .

Il y a de ça 70 ans, la Nature seule posait partout,
vierge, sauvage et farouche, belle aussi,
la main de l’ Homme restait à sa poche …
Depuis le commencement, peu avait changé,
l’ Ecologie était inconnue,
en ces temps, elle n’ avait guère de sens,
n’ existait pas même …
En sa vie, toujours il la respectait,
tant en ses paroles, qu’ en ses actes,
lui aussi était sain …
Ce qu’ il lui demandait, elle le lui rendait
et cela était et cela lui suffisait …
Amis qu’ ils étaient .

Amis, je ne le pense pas, mais pas ennemis .

Les yeux bleus de la montagne.
On trouve dans les monts des lacs de quelques toises,
Purs comme des cristaux, bleus comme des turquoises,
Joyaux tombés du doigt de l’ange Ithuriel,
Où le chamois craintif, lorsqu’il vient pour y boire,
S’imagine, trompé par l’optique illusoire,
Laper l’azur du ciel.

Ces limpides bassins, quand le jour s’y reflète,
Ont comme la prunelle une humide paillette ;
Et ce sont les yeux bleus, au regard calme et doux,
Par lesquels la montagne en extase contemple,
Forgeant quelque soleil dans le fond de son temple,
Dieu, l’ouvrier jaloux !

Théophile Gautier

voici un joli poème pour planter le décor

Une bonne trentaine que nous en avons
en nos montagnes insulaires,
Monique,
s’ échelonnant de 1300 m à 2300 m d’ altitude,
émeraude ou saphir, certes de couleur,
mais en aucun des yeux …
Et pour cause, ceux de la montagne,
donc de dickens,
elle est dans les Alpes tout de même,
ne l’ oubliez donc pas,
ils ont eux des petits reflets dorés,
ce dont je tenais à vous le préciser,
non bleutés !

Yannick

je ne connais pas encore la Corse mais grâce à vous j’ai quelques idées quant aux couleurs changeantes du paysage, mer ou montagne !

il est amusant, sous la plume du poète, de lire les yeux bleus de la montagne….et pourtant avez-vous vu la fameuse « ligne bleue des Vosges » ? il est des instants où le vert et le bleu se rejoignent, belle alliance de la nature !

En breton, un seul mot Glaz désigne ces deux couleurs, teintes mouvantes de la mer.

Savez vous Monique, que moi même,
jamais je n’ ai mis le pied en Ajaccio,
ne me sentant aucunement chez moi,
de par là-bas !
Cap Corse, Castagniccia, Bastia,
cela j’ apprécie à sa juste mesure,
ailleurs, aussi superbe soit il et ça l’ est,
je ne me sens que touriste,
de cela, je n’ aime guère .

vous savez Yannick c’est un peu pareil ici ! quand on descend dans un village retiré au fond d’une province on nous appelle « l’étranger » et si on observe bien, nous-mêmes ne sommes pas plus à l’aise que si nous avions franchi une frontière ! quand on lit des lettres de poilus de 14-18, ils parlent bien du « pays » et pourtant ils étaient à Verdun, en France ! aurions-nous une frontière dans le coeur ????

On a reproché à Ramada Yade un jour,
d’ avoir dit que si guerre il y avait entre son Pays
et la France, elle le choisirait lui, tout comme moi
je choisirai la Corse si pareil cas se présentait .
Elle fût trainée dans la boue médiatique !
Pourtant un français, Napoléon Bonaparte,
clamait haut et fort en sa jeunesse,
qu’ à ces francais, il ferait le plus de mal qu’ il pourrait .
On sait ce qu’ il en est advenu, le plus illustre
d’ entre eux, il est devenu …
Alors oui, je pense vraiment que tout d’ abord,
on est de sa famille, de son village, de son canton,
de son département, avant même d’ être de son Pays,
d’ où ces lettres de poilus affirmant leur  » Pays  »
avant même la France ! .

Bonjour l’ ami Yannick,

Je suppose que tu es, pour beaucoup de gens, dans le vrai !

L’ ecrivain Edmond Jabes, a beaucoup et remarquablement bien ecrit a ce sujet .

En ce qui me concerne, je suis particulierement interessee par la notion d’ « hospitalite » .

Bise Yannick !

Oui Monique,

Il me semble que l’ idee « d’ amour universel » est difficile a soutenir et a atteindre .

Alors, plutot que d’ aimer, ne serait-il deja pas magnifique de tolerer et ainsi apprendre a ne pas craindre, tout en se faisant soi-meme respecter .

Amitie .

Je me méfie de l’ Universalité au plus haut point,
n’ y croyant aucunement, les hommes à ce jour
n’ étant point encore prêts pour, loin s’ en faut,
uthopie grandiose que celle ci …
Trop d’ entraves de toute nature
empêchent un tel dessein et qui plus est,
elles sont semées par l’ Homme lui même,
autant dire que de cette Universalité là,
nous autres, jamais ne la verrons
nos enfants et les leurs non plus .
La Tolérance elle par contre, se devrait de s’ imposer
entre les peuples, mais de cela l’ Histoire nous a
prouvé et encore elle le montre aujourd’ hui
que pareil cas n’ atait .

C’ est une invention humaine et utopique, me semble-t-il, tout comme vous Yannick .

Plus que de pays, il s’agît d’identité et d’héritage, il me semble. L’union ne peut provenir que d’un passé commun, d’une origine partagée ou d’une volonté farouche de bâtir ensemble.
Deux piliers qui flanchent aujourd’hui dans notre société où régne l’individualisme narcissique.

L’ Hospitalité Dominique disiez vous ?
Sachez que si qualité il y a en Corse et de nos jours encore,
entre menus défauts, c’ est bien celle ci …
Même l’ ennemi y était accueilli si d’ aventure il lui était
arrivé malheur, on le remettait alors sur pied,
quite à l’ abattre aprés, en tout autre occasion …

C’ est bien l’ idee que j’ ai de ces iliens, je suis rat / re e .

Merci pour cette présentation; j’ignorais l’existence de ce film, et apparemment, seule la cassette VHS existe ( à des prix prohibitifs). Je n’ai pas u souvenir impérissable de la version de Edouard Niermans , que tous les sites proposent. Ce que vous dites sur la manière dont le film de Daquin é été tournée ( en conditions réelles), me fait penser à un film un peu méconnu où joue Gérard Philipe  » La Meilleure Part » , réalisé par Yves Allégret, sorti en 1956.
Votre page cinéma , que j’ai eu un peu de mal à trouver, est un pur régal: Chaplin, Gérard Philipe, deux hommes pour lesquels j’ai une admiration sans bornes, et ll’hommage aux Justes de Chambon-sur-Lignon: Histoire qu’il faut sans arrêt transmettre,

Bonjour Thérèse, merci pour vos aimables propos.
J’ espère que vous aurez l’ occasion de visionner « Premier de cordée », c’est remarquable et quand on est ému par la montagne, au-delà de l’ histoire, c’ est un remarquable document (déjà) historique.
Je n’ ai pas vu « La Meilleure Part », je vais « enquêter » (sourire).

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